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Dans le Web Dans le site Regard

27/08/2005

Un édito du journal Le Monde sur l'élection démocratique d'un nouveau président au Burundi intitulé "Espoir africain". Seul fausse note de l'article cette phrase qui, du reste, ne me surprend guère : "Il ne faut pas cesser de se demander comment la France parvient à ce point, en Afrique, à être liée à tant d'aventures néfastes et à être si souvent absente des processus progressistes et démocratiques. "

22/08/2005

L'idée générale voudrait que les gens (en tout cas en occident) lisent de moins en moins, essentiellement à cause de la télévision (à ce sujet, il me vient une idée, les producteurs de disques se plaignent de la baisse de leurs ventes du fait de l'Internet et des réseaux de per-to-per, l'industrie des spectacles vivants n'a-t-elle pas connu la même problématique avec la télé ? ). Bien évidemment cela n'est absolument pas vrai. D'abord parce qu'il suffit de regarder quelques chiffres pour se rendre compte qu'il se vend toujours plus de livres et puis, surtout, l'école obligatoire permet l'enseignement de la lecture à tous. Néanmoins, si l'on se demande à quoi nous sert de savoir lire, le constat est désastreux. On sait lire les messages publicitaires sur les panneaux dans les rues, on sait lire l'Equipe ou le Parisien sans oublier les hebdos télé. Par contre, on ignore la littérature. Le problème de la lecture se situe au niveau de sa qualité. On sait lire pratique ou utile, on sait lire également futile mais l'on ne goute plus à la "substantifique moelle" si cher au coeur de Rabelais. Tiens, d'ailleurs qui c'est celui-là ?

11/08/2005

Je ne résiste pas au plaisir de partager avec d'autres ces quelques lignes de Fernando Pessoa. Ce texte pourrait s'appeler "La spirale".

"La plupart des gens souffrent de cette infirmité de ne pas savoir dire ce qu'ils voient ou ce qu'ils pensent. On dit que rien n'est plus difficile que de définir par des mots une spirale : on prétend qu'il faut dessiner en l'air, de la main, et sans littérature, le mouvement ascendant et sagement enroulé par lequel cette figure abstraite des ressorts ou de certains escaliers se manifeste à nos yeux. Mais si l'on se souvient que dire c'est renouveler, on définira une spirale sans difficulté : c'est un cercle qui monte sans s'achever jamais. La plupart des gens, je le sais bien, n'oseraient jamais une telle définition, parce qu'ils s'imaginent que définir, c'est dire ce que les autres veulent que l'on dise, et non pas ce qu'il faut dire pour définir. Mieux encore : une spirale est un cercle virtuel qui se dédouble, et monte sans jamais se réaliser. Mais non, c'est encore une définition abstraite. J'aurai recours au concret, et l'on verra aussitôt ce que je veux dire : une spirale, c'est un serpent sans serpent, qui s'enroule verticalement sur rien du tout.
La littérature tout entière est un effort pour rendre la vie bien réelle."
(Fernando Pessoa "Le livre de l'intranquillité")

A mon sens, il s'agit là d'une véritable démonstration d'un virtuose du style. Tout est bon dans ce livre de l'intranquillité, chaque phrase, chaque idée de Pessoa est un joyau.

09/08/2005

60 ans après Hiroshima et Nagasaki, l'Europe et l'Iran se retrouvent opposés dans une "crise nucléaire" en raison de la reprise de travaux qui devraient aboutir à l'obtention de l'arme nucléaire pour la république islamique. Dans cette région du monde, dites "extrêment sensible", la prolifération de ce type d'armement a de quoi inquiéter le monde entier, et on comprend la volonté des responsables européens d'obtenir de Téhéran l'abandon d'un tel projet. Ils se sont donc réunis pour faire quelques propositions au gouvernement iranien fraîchement sorti des urnes. Je vois bien un homme au caractère extrêment fort et affirmé, tel que Philippe Douste Blazy, par exemple, demandant à nos amis iraniens de bien vouloir renoncer à leur projet. Je le vois même devenant presque menançant, je l'imagine exprimant fermement la volonté des européens, - Nous vous demandons de bien vouloir examiner nos propositions ou sinon... Son interlocuteur iranien, - Ou sinon quoi ? - ... Heu... Sinon, il se pourrait que nous puissions décider d'aller devant le conseil de sécurité de l'ONU. Bon, j'imagine évidemment cette conversation mais la réponse iranienne, nul besoin de l'imaginer, je la trouve dans le journal Le Monde "Nous ne ferons pas marche arrière au sujet de cette technologie, pas un seul instant" , insiste-t-il (le ministre de la défense iranien). "Que vont-ils faire (au Conseil de sécurité de l'ONU), nous imposer des sanctions ? Nous sommes déjà sous le coup de sanctions", déclare le ministre, pour qui cela n'a pas empêché les progrès de l'industrie militaire iranienne depuis la Révolution. "Il faut payer le prix de toute chose" , et la reprise par l'Iran de la conversion d'uranium "est une bonne chose". Bref, les européens n'ont aucun moyen de pression efficace pour dissuader les iraniens a passer, eux aussi, à l'ère atomique. Ma bêtise consiste à penser que s'ils ne s'étaient pas opposé avec tant de force à l'intervention militaire en Irak, les iraniens, craignant que la même chose n'arrive chez eux, auraient pris au sérieux la menace de sanction du conseil de sécurité de l'ONU.

08/08/2005

Ce 6 août 2005, nous fêtions le triste anniversaire d'Hiroshima. C'était il y a 60 ans, pour la première fois dans l'histoire de l'humanité, des hommes ont utiliser des armes de destruction massive (quel euphémisme !) contre d'autres hommes. A l'occasion de cet anniversaire, Télérama publie un article de Xavier Lacavalerie intitulé "Histoire : Pourquoi Américains et Japonais ont cherchés à occulter la tragédie". Est-il possible d'occulter la destruction massive de 250 000 personnes ? Je le crois pas, c'est pourquoi je me permets de préciser que, pour être dans le ton de l'article, il faut lire "Pourquoi les américains et les japonais ont cherchés à occulter une certaine vérité sur Hiroshima". Heureusement, le journaliste est là pour nous la dévoiler cette vérité. Je relève quelques effets de style tel que "L'axe du Bien, par le truchement du colonel Tibbets.." C'était le 6 août 1945 mais la référence au président actuel des Etat-Unis et aux récents événements qui ont marqués le début de ce siècle est évidente. Je relève les petites phrases telle que "lance au dessus de la ville (Hiroshima) un gadget inédit (la première bombe atomique), avec un hurlement joyeux de cow-boy en goguette..". Dans le Larousse, le synonime que l'on donne à "en goguette" et "en gaieté". Je ne crois pas à cette version de l'histoire. Mais ce n'est pas le plus grave. Je continue ma lecture pour découvrir que le mensonge des Américains (dans leur tentative d'occulter la tragédie) à été de prétendre que la bombe était le seul moyen d'arrêter la guerre. "Tout cela est faux, archi faux", nous explique Xavier Lacavalerie, "Les japonais (...) multipliaient les appels du pied pour signer leur capitalisation." Autrement dit, les japonais souhaitaient mettre fin à la guerre mais les américains n'ont pas donné suite à leurs "appels du pied" pour avoir le plaisir d'utiliser contre eux 2 bombes atomiques et, surtout, pour faire comprendre à Staline que "l'Oncle Sam avait les moyens de faire régner son ordre, sa politique, et son économie à l'échelon planétaire". Je ne sais pas si le journaliste a des preuves de ce qu'il avance, par contre, et il l'écrit lui-même, les Etats-Unis ont lancé uns ultimatum aux Japon, le 17 juillet 1945. Concernant la concurrence qui se profilait avec ce qu'il sera convenu d'appeler le "bloc soviétique", je crois qu'il faut être réaliste. Aujourd'hui, après avoir vu ce qu'a été le résultat de leur "délivrance" par les soviétiques pour les pays de l'Europe de l'Est, je ne crois pas qu'il eut été favorable aux japonais que les américains s'effacent devant Staline. En 1945, les motifs qui ont poussé les américains à utiliser l'arme atomique étaient sans doute multiple. Le premier, il faut apparemment le rappeler, est que le monde entier était plongé dans une guerre depuis quelques années déjà. Ensuite, et on l'a vu dans la période d'après-guerre jusqu'à la justification de la reprise des essais nucléaires par la France en 1995, l'arme nucléaire a des effets dissuasifs face aux vélléités de nouveaux conflits. Bref, cela va sans doute beaucoup choquer certains d'entre vous, mais peut-être qu'Hiroshima et Nagasaki ont permis que le monde occidental ne connaisse plus la guerre. Quel sacrifice n'est-ce pas ?
Si l'on considère l'histoire des "progrès" de l'humanité, l'invention de la bombe atomique est une chose inévitable et son utilisation également. Il s'est trouvé que les américains ont été les premiers. Aujourd'hui, avec le recul, on peut le leur reprocher, mais que ce serait-il passé si le Japon, l'Allemagne ou l'Union Soviétique avait eu l'arme atomique quelques mois avant eux ? Bien que certaines critiques des Etats-unis m'exaspèrent, je suis heureux de vivre dans un monde où elles peuvent s'exprimer.

02/08/2005

Pour lutter contre le chômage, la tentation du gouvernement de céder aux sirènes du capitalisme en facilitant les procédures de licenciement doit être forte. Cela peut paraître absurde de facilité les licenciements pour créer des emplois. Mais ceux qui réflechissent à l'économie vous expliquerons que s'ils savent qu'ils peuvent embaucher et virer facilement leurs employés, les patrons seront moins timides pour embaucher. Donc si, par une réforme du code du travail, l'Etat leur permettait de licencier plus facilement, les patrons français engageraient davantage de monde et le nombre de chômeurs devrait diminuer. C'est très logique tout ça, si vous me suivez. Cependant, il y a une autre logique plus terre à terre, elle consiste à dire, s'ils peuvent licencier plus facilement, les patrons français licencieront davantage. Et donc, cela augmenterait le nombre de chômeurs en France. Là, je me place du point de vue de l'individu qui pense que si le droit du travail n'était pas si favorable aux salariés en France, ce n'est pas 2,6 millions de chômeurs que nous compterions mais 3 millions.