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28/12/2004
Je pense aux jeunes auteurs qui, à peine ont-ils écrit quelques centaines de pages, s'empressent de les envoyer aux éditeurs pour se faire publier. Je pense à Kafka ou Joyce qui auraient voulu brûler certains de leurs manuscrits. Je me dis qu'écrire devait avoir une autre signification à une autre époque.
18/12/2004
"Et si on passait à la couleur" annonce (dénonce?)
cette semaine la couv de Télérama. La discrimination positive
est une idée qui est en train de faire son chemin visiblement.
Je déteste le mot discrimination et, même associé
à un adjectif chargé d'espoir tel que positive, je
ne le trouve pas moins laid. Je parle en tant que français à
la peau noir. Tout le monde en France est d'accord sur le terme de l'intégration.
Mais qu'entendons-nous vraiment par là ?
En tout cas, il me semble vraiment stupide de ne pas voir que intégration
et discrimination sont deux termes complètement opposés...
Les mots ont un sens qui influence notre vie, ne l'oublions pas. Les partisans
de la discrimination positive prennent souvent l'exemple des Etats-Unis.
J'ai été aux Etats-Unis. Effectivement on voit des noirs à
la télévision, mais je me suis aussi rendu compte que, dans
la vie de tous les jours, les blancs, les latins, les noirs, sans parler
des indiens, ne vivent pas ensemble mais séparément.
Je me souviens aussi qu'un jour, dans le métro new yorkais, l'amie
avec laquelle j'étais s'est fait insultée par un groupe de
jeunes filles noires parce qu'elle était blanche et qu'elle sortait
ave un homme noir. Ceux qui parlent de discrimination positive, nous parlent
de discrimination avant toute chose, ils devraient en avoir conscience.
13/12/2004
Lorsqu'il veut lutter contre les délocalisations, comme dans toutes ses
tentatives en faveur de l'emploi d'ailleurs, l'Etat UMP fait frémir.
Le très clairvoyant Patrick Devedjian, après avoir discuté
avec les responsables des centres d'appels, a compris qu'ils délocalisent
le travail parce que, dans les pays pauvres où ils s'installent,
la législation est plus souple en matière de travail le dimanche.
Du
coup, ce cher Patrick (mais combien est-il donc payé pour faire ça
?) a l'idée de leur proposer un peu de souplesse dans la legislation
française, en échange de quoi ils promettront d'embaucher
quelques milliers de jeunes. Bientôt Patrick apprendra que les
centres d'appels délocalisent également parce que le travail
coûte beaucoup moins cher dans les pays pauvres. Leur proposera-t-il
une baisse du SMIC en échange d'embauches en France ? Ah je suis
sûr qu'il en meurt d'envie...
Des millions de jeunes travaillant tous les jours aux horaires imposés
(y compris le dimanche) contre un salaire de misère. Est-ce ça
le progrés tel que le conçoivent les partisans de Raffarin
et compagnie ? De plus, comme ces centres d'appels travailleront le dimanche,
nous recevrons une vingtaine d'appels ce jour-là pour nous vendre
de assurances ou des portes fenêtres. Voilà de quoi gâcher
bien des week-end.
Il me semble clair qu'avec ce type d'arrangement les patrons ont tout à
gagner alors que les citoyens, eux, perdent chaque jour un peu plus de leurs
droits. Tout cela au nom de quoi ? Du travail ? Non, du profit des entreprises.
10/12/2004
Ce matin, sur la station de radio Europe 1, que je finirai par rebaptiser
Radio UMP, un petit reportage sur la vente prochaine par l'Etat des parts
de la société Air France qu'il possède encore. Je cite
le journaliste économiste : "Air France ne s'est jamais aussi
bien portée, depuis qu'elle est privatisée (...) C'est même
formidable de voir la santé de cette compagnie au milieu du champ
de ruine qu'est le secteur de l'aviation en ce moment."
Viendrait-il à l'esprit de ce journaliste que c'est justement parce
que les principaux concurrents de Air France n'existent plus que cette compagnie
se porte si bien ? Peut-il se souvenir que, si, à l' époque,
l'Etat n'avait pas été le principal actionnaire de Air France,
cette compagnie aurait été la première à disparaître
?
Mais quelle importance ? Le message en faveur de l'UMP est bien passé.
Quoi qu'il en soit, j'en ai vraiment assez de l'UMP et de son aptitude à
prendre les français pour des imbéciles. Pour mettre un termes
aux 35 heures, ils nous annoncent que ce sont les salariés qui décideront
de travailler plus s'ils veulent gagner plus. Bref, j'en ai tellement assez
de tout ça que je prévois de m'exprimer la prochaine fois
qu'on m'en donnera l'occasion. Il se trouve que ce sera le référendum
sur la constitution européenne... Je voterai Non pour dire au gouvernement
UMP ce que je pense de sa politique. Ce ne sera pas la question
posée mais ce sera l'unique occasion d'exprimer mon mécontentement.
Bien sûr, l'Europe est une chose importante, mais notre vie de tous
les jours, en France, est tout aussi importante. Et je pense maintenant,
comme Fabius, qu'il convient de dire Non au parfum que l'on voudrait donner
à cette Europe.
09/12/2004
Les êtres humains ne sont jamais parfaitement gentils ou méchants et c'est en général ce qui nous trompe. Untel est méchant mais sa gentillesse entrevue nous l'a fait mille fois pardonner. A la fin il en devient un être incompréhensible. Il faut dire aussi que nous l'aimions.
04/12/2004
Sous la gouvernance de l'UMP, la réduction du temps de travail prend
des allures de véritable escroquerie dont les français, plus
spécifiquement les chômeurs, sont les victimes. En effet, tout
le monde semble avoir oublié que cette mesure a été
mise en place pour lutter contre le chômage. Son principe était
fort simple. Etant donné qu'il y a moins de travail (essor des technologies,
progrès techniques, délocalisation etc.) il faut le partager
entre davantage de gens. Avec la RTT, les français travaillent moins,
gagnent sans doute moins d'argent, mais sont plus nombreux à avoir
un travail. De leur côté, les entreprises, si elles jouent
le jeu, gagnent en productivité puisqu'au lieu de 3 employés
travaillant 39 heures (total 117 heures) elles devraient en avoir 4 qui
travaillent 35 heures soit 140 heures. Mais évidemment il faut payer
un salaire en plus. C'est pourquoi elles ont perçut une aide de l'état
pour mettre en place ces 35 heures.
De ce fait, de deux choses l'une. Soit les entreprises ont effectivement
embauché pour compenser la baisse du temps de travail et, dans ce
cas, les 35 heures ont permis de réduire le chômage. Soit les
entreprises n'ont pas embauché et, dans ce cas, elles ont volé
l'état, en tout cas, elles n'ont pas joué le jeu.
Dans le cadre de l'assouplissement des 35 heures, il est maintenant question
que les entreprises "rachetent" les RTT de leurs employés.
Autrement dit, elles vont payer des salariés déjà en
place plutôt que des nouvelles embauches. Cette mesure est non seulement
contraire à l'esprit des 35 heures mais tendrait également
à faire croire aux français que l'argent qui a manqué
aux entreprises pour embaucher sera disponible pour le rachat de leurs RTT...
Mais peut-être l'Etat UMP compte-t-il mettre une nouvelle fois la
main à la poche pour les aider à racheter ces RTT.
Parmi toutes les critiques que j'ai entendu sur les 35 heures, jamais je
n'ai entendu dire qu'elles aient fait baisser les profits des entreprises.
Si le chômage était en baisse, je comprendrais une remise en
cause des 35 heures mais, celui-ci n'ayant cessé de croître
depuis 2002, cela me semble une abbération.
03/12/2004
Dans le dernier roman de Jim Harrison "De Marquette à Veracruz" (très bon roman), je relève ces deux phrases :
"quand on ne peut pas pardonner à quelqu'un on devient son esclave mental."
"le pardon ne consistait pas à effacer l'ardoise du coupable,
mais à se décharger soi-même de la tyrannie du coupable
en l'appréhendant dans une perspective entièrement humaine."
Les bons romans sont toujours un peu plus que des romans. Ils nous apprennent
à vivre.