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31/03/2004
Le mot réforme est actuellement sur toutes les bouches.
Je comprends qu'un jeune cadre dynamique ou des retraités dans leur
villa des Hauts de Seine se soucient de la dette public du pays ou du déficit
de la sécurité sociale, mais je comprends également
que les chômeurs et les salariés qui gagnent à peine
de quoi vivre s'inquiétent davantage du chèque qu'ils mettront
sur leur compte à la fin du mois.
Doit-on expliquer à la France d'en bas, qu'elle doit encore se serrer
la ceinture pour que la France d'en haut cesse de se faire du mauvais sang
pour le pays ? Doit-on supprimer au chômeur ses indemnités
pour réduire les déficits de la France ? Doit-on toujours
baisser le pouvoir d'achat du français moyen pour sauver sa retraite
ou sa sécurité sociale ?
Certes, le pays ne doit pas s'endetter, mais est-ce normal que, sous le
prétexte de faire des économies, on fasse progresser la paupérisation
?
Avec cette histoire de faire travailler les français un jour férié,
j'ai cru comprendre que la richesse de notre pays, nous la créons.
Alors pourquoi nous demander aujourd'hui de serrer la ceinture pour... dans
20, 30, ou 40 ans ?
Ne peut-on imaginer que, grâce aux progrés technologiques,
demain nous crérons 10 fois plus de richesses qu'aujourd'hui ? Et
que si on augmente le pouvoir d'achat des français, ils consommeront
davantage et cela créera également de la richesse ? Ainsi,
les problèmes que nous nous posons aujourd'hui se résoudront
d'eux-même.
Les économistes intellos, les politiques et les médias font
une fixation sur ce que sera l'économie de la France dans 20, 30
ou 40 ans mais eux n'ont pas le soucis de leur fiche de paie à la
fin du mois.
Les déficits existent, ils sont abyssaux. Faut-il en déduire
que la France va mal ? Je ne le crois pas. La France va mal lorsque les
français vont mal.
Je pense que réforme ne doit pas forcément être synonyme
d'effort, de peine, de douleur. S'il faut du courage aujourd'hui en politique,
ce devrait être celui de creuser les déficits pour relancer
la machine économique par la consommation. C'est d'ailleurs ce que
n'a pas hésité à faire Bush aux Etats-Unis, pour les
résultats que l'on connaît du point de vue de la croissance
économique de son pays alors qu'en France Raffarin attend toujours.
30/03/2004
Malgré le formidable désaveu de la politique menée
par son gouvernement, aux dernières élections (un 21 avril
à l'envers a dit François Fillon), Jacques Chirac décide
de reconduire Jean-Pierre Raffarin, l'un des plus fidèle parmi ses
fidèles, au poste de premier ministre.
Si, comme l'affirme les meilleurs politologues français, Chirac souhaite
"user" Raffarin jusqu'aux prochaines élections en lui faisant
faire des réformes impopulaires, je me pose des questions quant à
sa capacité à gouverner un pays comme la France. Cette stratégie
politique consisterait, en effet, à dire, je veux faire des réformes,
les français ne veulent pas de ces réformes, du coup je ruse
pour les faire quand même, et, quand, vraiment, ils manifesteront
leur mécontentement, alors je leur offrirai un nouveau premier ministre,
un homme providentiel qui saura les calmer.
Cette manière de voir les choses ne "colle" vraiment pas
avec les discours des hommes politiques qui, au lendemain d'un cataclysme
électoral n'ont que ces mots à la bouche : "Nous avons
compris le message que les Français ont voulu nous transmettre."
20/03/2004
Lorsqu'on tape "Député
liberticide" dans Google, la première réponse que
nous donne le moteur de recherche est le
site du député UDF Jean Dionis. Cela s'appelle du Google
Bombing. Autrement dit, ce sont des Webmasters, dans le cas présent,
surtout des developpeurs web, qui ont fait en sorte que ces mots clés
soient associés de ce député. En faisant un petit passage
sur le site de Jean Dionis, je trouve en page d'accueil, cet édito
intitulé "POURQUOI JE VOTERAI POUR LA LOI SUR LA LAÏCITE"
avec, à côté, la photo du député, fier
de lui.
Son argumentaire est si stupéfiant que je ne résiste pas à
l'envie de vous le livrer dans sa totalité. Voilà ce qu'écrit
le député Jean Dionis :
POURQUOI JE VOTERAI POUR LA LOI SUR LA LAÏCITE
Faut-il autoriser la présence de filles voilées dans les écoles de la République ? Voilà la question à laquelle nous avons à répondre au-delà de l'habillage équilibré du projet de loi
Ecoutons d'abord à ce sujet Chahdortt Djavann, l'auteur Iranienne de "Bas les Voiles !". Elle nous prévient en introduction : " J'ai porté dix ans le voile. C'était le voile ou la mort". Je sais de quoi je parle"
Ecoutons-la poursuivre : " Que des jeunes femmes adultes portent le voile, cela les regarde…..Mais Imposer le voile à une mineure , c'est au sens strict , abuser d'elle, disposer de son corps, le définir comme objet sexuel destiné aux hommes,. La loi française, qui n'interdit rien aux majeures consentantes, protège les mineures contre tout abus de ce genre. C'est péché contre l'Esprit et péché contre la société assurément. Ce n'est pas au nom de la laïcité qu'il faut interdire le port du voile aux mineures, à l'école ou ailleurs, c'est au nom des droits de l'homme et au nom de la protection des mineures."
Comment ne pas entendre un tel plaidoyer….Je voterai donc en faveur du projet de loi, Mardi Prochain.
En effet, il faut à mon avis une loi pour répondre au bon niveau juridique et symbolique au vide créé par la dévalorisation, par le Conseil d'Etat, de la circulaire écrite par F.Bayrou, alors Ministre de l'Education Nationale.
Mais, avant de conclure, écoutons les questions de ceux qui doutent ou contestent l'opportunité de la loi.
La loi ne serait pas applicable ? Ils ont raison, s'ils entendent par là qu'elle ne remplacera pas le discernement du principal ou du proviseur. Mais ce n'est pas pour rien que ceux qui sont en première ligne, les principaux de collège et les directeurs, disent à la fois qu'ils savent que la loi ne les aidera pas à apprécier chaque cas personnel, mais qu'ils en ont besoin, comme point d'appui juridique et symbolique.
La loi est mal ressentie à l'étranger? A notre diplomatie de faire les efforts de pédagogie, mais cet argument ne peut être poussé trop loin sans avoir de forts relents munichois. La France ne peut arrêter sa position sur un sujet aussi important que celui-là par rapport à d'éventuels dégâts collatéraux diplomatiques.
La loi, enfin, aurait des effets pervers, générant un réflexe
de solidarité des musulmans modérés vers les musulmans
intégristes. Peut-être à court terme…
Mais, sur le long terme, la loi de ce soir n'est qu'une pierre d'un chantier
beaucoup plus vaste qui est celui de l'adaptation de l'islam à la
république française. Ne nous trompons pas, nous commençons
aujourd'hui un long chantier, un très long chantier…..Quelle
en sera la durée ? 20 ans ? 50 ans ? L'histoire nous le dira. En
votant cette loi, nous n'avons pas le droit de nous mentir. Cette loi n'est
qu'un point de départ d'un long chemin, d'un long chantier.
Car, il y bien aujourd'hui tension et difficulté entre l'Islam et la république française, créées par une minorité d’intégristes au détriment de la grande majorité de cette communauté. Le nier, c'est nier la rue Française, la réalité française.
Mais, qu'il soit permis de dire à un catholique pratiquant, ayant en mémoire la longue histoire difficile, mais aujourd'hui apaisée de l'Eglise catholique avec la république française, que je suis profondément optimiste sur le terme de cette évolution. Oui, la communauté musulmane s'adaptera à la république française.
A elle de faire son aggiornamento théologique et politique. A la lumière de notre histoire catholique, je dis aux musulmans de France que je leur fais pleinement confiance pour cela.
Oui, la communauté musulmane, proche de 10 millions de personnes, vivra un jour sereine et tolérante, en France.
A la république Française, de construire une laïcité moderne, dépassant le modèle anti-religieux de son apparition en face d'une Eglise catholique toute-puissante, enfin ouverte au fait religieux, élément constitutif fondamental de l'humanité. Que la voix de Malraux résonne ici aujourd'hui : "le 21ème siècle sera spirituel ou ne sera pas". La solution n'est pas dans un repli frileux vers une laïcité nostalgique du 19ème siècle. A nous d'avoir comme projet de société, celui de construire une laïcité ouverte, tolérante, mais aussi forte et ferme.
Encore faut-il le vouloir….Avec cette loi, commence une longue marche. A nous d'avoir du souffle, à nous d'avoir la force et le rayonnement pour attirer tous les Français vers notre modèle Républicain, refondé, ressourcé pour répondre aux enjeux de ce siècle naissant.
Jean Dionis
Ce texte est vraiment très instructif.
1/ Ce député juge qu'il faut voter pour une loi contre le port du voile (lui ne parle pas de signes réligieux) après avoir entendu le plaidoyer de Chahdortt Djavann, l'auteur Iranienne de "Bas les Voiles !". Mais l'islam est-il vécus de la même manière en France qu'en Iran ? Bien sûr que non, et le problème n'étant absolument pas le même, je suis surpris que l'on se base sur le témoignage d'une iranienne pour voter une voile qui concerne des jeunes musulmanes françaises. Tant qu'à écouter des plaidoyer, n'aurait-il pas été plus judicieux d'entendre ceux des musulmanes françaises et des responsables d'établissements scolaire ?
2/ Pour bien se conforter dans sa décision de voter pour une loi, notre député passe en revue les principaux arguments des opposants à cette loi (là je trouve dommage qu'il n'ait jamais lu ce blog). Le premier argument qu'il aimerait réfuter mais qu'il confirme est que cette loi ne sera pas applicable. Selon lui, "les principaux de collège et les directeurs, disent à la fois qu'ils savent que la loi ne les aidera pas à apprécier chaque cas personnel, mais qu'ils en ont besoin". Bref, on admet ici que la loi ne résoudra pas les problèmes qui se posent dans les écoles, mais nous souhaitons quand même cette loi. Pourquoi ? Je me pose la question. Est-ce pour faire plaisir à Mme Chahdort Djavann ?
3/ Cette loi qui, selon l'auteur, lui-même est inapplicable en France, ne plaira pas à l'étranger et donnera une mauvaise image de notre pays. Notre député liberticide s'en fout "La France ne peut arrêter sa position sur un sujet aussi important que celui-là par rapport à d'éventuels dégâts collatéraux diplomatiques".
4/ "La loi, enfin, aurait des effets pervers, générant un réflexe de solidarité des musulmans modérés vers les musulmans intégristes. Peut-être à court terme…" Encore un argument que le Député rejette en disant, on s'en fout.
5/ La suite est absolument terrifiante et intéressante, car on arrive
enfin au fond du problème, au non-dit de la société
française face à la culture musulmane : "
Mais, sur le long terme, la loi de ce soir n'est qu'une pierre d'un chantier
beaucoup plus vaste qui est celui de l'adaptation de l'islam à la
république française. Ne nous trompons pas, nous commençons
aujourd'hui un long chantier, un très long chantier…..Quelle
en sera la durée ? 20 ans ? 50 ans ? L'histoire nous le dira. En
votant cette loi, nous n'avons pas le droit de nous mentir. Cette loi n'est
qu'un point de départ d'un long chemin, d'un long chantier."
En lisant ces lignes, j'ai cru que M. Jean Dionis était un député
du Front National, or, et c'est là le pire dans cette histoire, il
est centriste. Que veut dire l'adaptation de l'islam à la république
française ? Quelle autorité est en mesure de dire quelle forme
doit prendre cette adaptation ? Est-ce aux musulmans de le faire ou est-ce
aux "républicains" de leur imposer ? M. Dionis, nous dit
qu'il s'agit-là d'un long chantier dont la loi contre le voile n'est
qu'un point de départ. Je serais musulman, j'aurai franchement du
mal à encaisser des tels propos. Alors c'est quoi la suite M. Dionis
? Que ce passera-t-il dans 20 ans, dans 50 ans pour les musulmans français
qui souhaiterons vivre leur culte selon leurs traditions et non à
la manière de la république, quelles seront les prochaines
mesures ?
6/ Pour finir une note d'espoir "Oui, la communauté musulmane, proche de 10 millions de personnes, vivra un jour sereine et tolérante, en France." Mais Qu'est ce qui nous permet de dire qu'aujourd'hui la communauté musulmane vivant en France n'est ni sereine ni tolérante ? Dans l'affaire qui nous concerne, celle du voile, il me semble bien que contraire c'est la République Française et, en particulier, ses représentants, qui fait preuve d'un grand manque de serenité et d'une grande intolétrance.
19/03/2004
Je suis chaque jour de plus en plus surpris par l'ampleur
que l'on donne au mensonge de George Bush, Tony Blair et, maintenant, Jose
Maria Aznar, à propos des armes de destruction massives detenues
par l'Irak. Que les démocraties aient soif de vérités
de la part de leur leader politique est une bonne chose en soit mais de
là à s'offusquer avec autant d'ampleur que l'on nous ait menti
sur l'Irak, je trouve que la démarche revèle d'une certaine
couche de connerie. On voudrait punir séverement ce mensonge-là,
qui est vraiment des plus grossier, pour oublier tous les nombreux autres
mensonges que les politiques nous servent à longueur d'année.
Le mensonge est presque leur métier, car ils nous disent ce que les
électeurs ont envient d'entendre.
Je suis sûr que des nombreux hommes politiques aimeraient nous dire
la vérité mais est-ce que nous souhaitons les entendre nous
dire la vérité ? Certainement pas. Nous préférons
voir un Jacques Chirac traiter un George W. Bush de menteur.
A l'époque, on pouvait être pour ou contre l'intervention des
américains en Irak pour des multiples raisons. Mais qui était
assez bête pour croire que Saddam possedait réellement des
armes de destructions massives ? Mis à part quelques imbéciles,
tout le monde savait que les ADM de l'Irak, c'était un mensonge politique.
Or, aujourd'hui, on pose la question de la manière suivante, fallait-il
intervenir en Irak pour détruire des armes qui n'existent pas ? Evidemment
que non. Mais quel était le vrai motif de faire la guerre ? Si nous
le savions, nous serions alors en mesure de juger de la pertinence ou non
de l'intervention américaine.
Pour ma part, je plaide pour une forme d'interventionnisme partout dans
le monde où des hommes privent des peuples entier de liberté
et leur offre la mort au lieu d'un travail leur permettant de se nourrir.
Cette intervention ne devrait par être le fait d'un pays tel que les
Etats-Unis mais celui de l'ONU. J'approuve la chute des régimes autoritaires
qui maintiennent leur peuple dans la pauvreté. En ce sens, je trouve
que l'intervention américaine en Irak était une bonne chose
mais elle aurait été meilleure si elle avait pu se faire sous
l'égide de l'ONU. Si le Francen'y avait mis son véto, cela
aurait certainement été le cas.
Aujourd'hui, plutôt que déclarer qu'une gueurre n'aurait pas
du avoir lieu, qu'un tyran n'aurait pas du tomber, qu'un peuple n'aurait
pas du être libéré, on ferait mieux d'agir pour la reconstruction
de l'Irak. Que font les américains dans ce pays ? Comment construisent-ils
son avenir ? C'est à ces questions-là que nous devrions nous
intéresser, malgré qu'il soit bien plus facile et plus valorisant
de dire, vous voyez j'avais raison, y fallait pas la faire cette guerre,
fallait pas y allait. Manière de dire, fallait les laisser dans leur
merde, la-bas, chez eux, parce que maintenant elle nous touche également.
Toutes les idées sont valables, les miennes comme celle d'un autre.
Cependant, quand je pense à Jean Pierre Chevènement, qui s'était
déjà opposé à une guerre contre l'Irak du temps
de Bush père, je me dis que si nous l'avions suivi, le Koweit serait
une province de l'Irak, et quel autre pays du moyen-orient également
? Saddam serait 100 ou 1 000 fois plus riche qu'il ne l'était et,
pour le coup, il aurait certainement pu développer un véritable
arsenal d'armes de destruction massives. Cette idée me conforte dans
mon opinion que Bush père et fils ont eu la meilleure attitude face
à lui.
Le mensonge politique ce n'est vraiment pas la chose la plus importante
dans cette histoire. Mais, évidemment, cela scandalise les démocraties
qui votent comme des moutons bien nourris, et bien abreuvés.
15/03/2004
Pour gagner du temps à la gare, j'ai voulu acheter mon billet de
train pour Bruxelles sur le
site de la SNCF. Après une demi-heure de manipulation pour trouver,
en fonction de la date et de l'horaire, le meilleur tarif pour un billet
aller puis pour un billet retour, j'entame la procédure d'achat.
Je remplis un formulaire avec mon nom, mon adresse mon e-mail etc. Je donne
le N° de ma carte bleue et je pense le tour est joué.
Me voilà à la gare le jour du départ. Je me retrouve
à faire la queue devant un guichet, on me demande à nouveau
ma carte et je dois composer mon code secret. Je pose alors la question
à l'employé derrière le guichet (j'étais enervé
d'avoir eu à faire la queue) à quoi sert de payer son billet
sur internet si, à nouveau, on doit recommencer la procédure
à la gare ? J'aurai mieux fait de ne pas perdre de temps sur internet,
finalement, et d'acheter directement mon billet à son guichet...
Il me dit qu'en réservant sur internet j'étais sûr d'avoir
une place... Sa réponse ne m'a pas du tout satisfait. Pour moi, tout
ça n'avait aucun sens. Internet sert à nous faire gagner du
temps alors que la SNCF m'en fait perdre lorsque j'achete un billet sur
son site. J'ai fini par comprendre la différence. Sur le site, je
remplis un formulaire qui m'oblige à donner mon adresse et mon e-mail.
Que pensez-vous que la SNCF va faire de cet extraordinaire fichier de voyageurs
qu'elle constitue grâce à son site ?
Je prends le métro. J'achète un ticket et je m'engage dans la station. Je descends des escaliers, je vois de la pub. Un couloir, je vois de la pub, sur le quai, je vois de la pub, dans le wagon, je vois de la pub. Ainsi de suite jusqu'à ce qu'enfin je sorte du métro et que je me retrouve dans la rue. Là aussi je vois de la pub, mais la différence c'est que je n'ai pas eu à payer pour me faire agresser par les affiches publicitaires.
La Ratp, bien qu'elle nous fasse payer pour nous faire bouffer de la pub, désapprouve certaines formes de résistance.
06/03/2004
Sur les affiches électorales de Marine
Le Pen, je lis, Marine Le Pen, le courage ! puis, quelques lignes plus
bas, elle précise, le courage de vous défendre contre le chômage,
contre l'insécurité, contre les immigrés. Alors, je
me dis que, dans les années 30, sur la même affiche, j'aurai
lu, le courage de vous défendre contre les juifs. La différence
c'est qu'aujourd'hui personne ne laisserait passer un tel discour, que l'on
qualifierait, à raison, d'antisémite.
Dans le Larousse, je trouve cette définition de
l'antisémitisme : "attitude d'hostilité systématique
à l'égard des juifs." Cette attitude est vigoureusement
combattue en France parce qu'elle a conduit au massacre de millions d'individus.
J'ose dire que, peu importe leur réligion, ils étaient avant
tout des européens et beaucoup se reclamaient comme tel.
Dans le Larousse, je cherche la définition du racisme. Je la trouve
à race : "Théorie qui attribue une supériorité
à certain groupe ethniques." Je trouve également,
pour raciste :"l'idéologie raciste à servi à
justifier l'antisémistisme des nazis."
Ce n'est un mystère pour personne que les immigrés sont noirs,
jaunes ou arabes. Il me manque donc trois mots, équivalent à
antisémitisme, pour qualifier les attitudes d'hostilité systématique
à l'égard des noirs, des jaunes ou des arabes. Car, en disant,
le courage de vous défendre contre les immigrés, Marine Le
Pen véhicule clairement une idéologie raciste, absolument
équivalente à l'antisémitisme, puisque servant à
justifier une attitude sytématiquement hostile aux noirs, aux jaunes
et aux arabes.
Cela ne choque personne. Et quand le comique Dieudonné ne peut se
produire dans les petites villes de province ou même à Paris,
Marine et son père, peuvent, quant à eux, parler à
toute la France à travers tous les médias et donner des meeting
n'importe où sur le territoire.
Question : Qui est le plus dangeureux, Le Pen (père et fille) ou
Dieudonné ? Si le comique nous montre le chemin d'un nouveau Auschwitz,
que dire du leader du Front National et de sa fille ?
Nous devons nous intérroger sur la différence que l'on fait,
en France, entre l'antisémitisme et le racisme. Il me semble qu'alors
que l'on condamne fermement l'un, on fait preuve d'un dangereux laxisme
à l'égard de l'autre. Il conviendrait de lutter avec la même
fermeté contre le racisme, quelle que soit la forme qu'il prend.
Ce qui me scandalise, lorsque je pense à Auschwitz, ce n'est pas
ce que les Nazis ont fait aux juifs, mais ce que des hommes ont pu faire
à d'autres hommes. En ce sens, demain, nous pouvons tous être
les bourreaux ou les victimes.
05/03/2004
J'ai sous les yeux une lettre de Cioran à Dieter Schlesak :"L'occident n'échappera pas au jour, écrit-il, où ses travailleurs immigrés régneront sur lui. L'avenir appartient toujours aux esclaves et aux immigrés..." L'Europe occidental a choisi une stratégie de défense, avec ses policiers placés à l'est, les Autrichiens. Mais nul ne se pose la question de savoir ce qui, hormis l'argent, est véritablement défendu (la culture occidentale qui n'existe plus depuis longtemps, peut-être?), et le style de cette défense, plus précisément ses moyens, cause plus de dommages aux vestiges de la démocratie occidentale qu'il ne la défendent efficacement. La terreur claustrophobique de l'Europe occidentale donnera naissance à un nouvel Adolf Hitler, à la paranoïa de supériorité des inférieurs. Les détenteurs des richesses et de pouvoir autoriseront à nouveau l'avilissement de la société, rien que pour "sauver les meubles", et finalement, au prix d'un nouveau totalitarisme, de nouvelles catastrophes sociales, ils réussiront à survivre ; mais de quelle survie, de quel totalitarisme s'agira-t-il ? Qui pourra dire que ces dangeureuses idéologies disposent d'un idéal quelconque, de quelque chose qui ne soit pas déjà expérimenté, qui n'ait pas encore échoué ?
Mon journal emprunte aujourd'hui au journal d'Imre Kertész, publié aux éditions Actes Sud sous le titre "Un autre, chronique d'une métamorphose".