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28/02/2005

Chaque année, suivant l'exemple des américains, le cinéma français distribue des césars à ses meilleurs films. Les journalistes "spécialisés" n'ont pas manqué de nous annoncer les "grands" favoris avant la cérémonie. D'après eux, il fallait parier sur deux "grands" films, à savoir "Les choristes" et "Un long dimanche de fiançailles". Or, ce sont respectivement "L'esquive" et "Quand la mer monte", deux "petits" films, qui ont obtenu les meilleures distinctions. Comment expliquer que ces films n'apparaissaient pas dans les favoris des journalistes "spécialisés" ? Pour avoir vu "L'esquive", je sais qu'il s'agit d'un très bon film et que cette récompense est tout à fait méritée. Si certains journalistes "spécialisés" se souciaient autant de la qualité des films que du nombre d'entrées qu'ils ont fait, ils n'auraient pas été surpris. Mais leur surprise est telle que, pour un peu, ils nous feraient croire que ce ne sont pas eux qui se sont plantés, mais les professionnels du cinéma qui ont très mal voté cette année.

Le traver dans lequel ils sont tombés, est exactement ce que nous avons à craindre de la mondialisation. Tout le monde va voir "Un long dimanche de fiançailles", tout le monde lit le "Da Vinci code", persuadé qu'il n'y a rien de meilleur au cinéma ni en littérature. Et on conclu : la culture se porte bien.

27/02/2005

On reparle encore beaucoup de Dieudonné en raison de ses déclarations très éloignées de la sphère de la comédie. Certes, le métier des journalistes consiste à nous informer, mais quel intérêt de faire leurs gros titres avec les propos racistes d'un humoriste ? Céline m'intéresse en tant qu'écrivain mais pas pour son antisémitisme. Et il me semble que son roman "Voyage au bout de la nuit" est davantage lu que les quelques écrits racistes qu'il a pu commettre, que, d'ailleurs, j'ignore complètement, tout comme la grande majorité de ses lecteurs. Dieudonné a le droit de s'exprimer mais il est de la responsabilité des journalistes de réfléchir à la pertinence des informations qu'ils relaient. A quoi sert de dire Dieudonné à dit que... ? Ils peuvent ruiner sa carrière, certes, mais ils en feront, du même coup, la victime de ce que, lui d'abord, mais aussi des nombreux noirs à sa suite, appelerons le lobby des journalistes juifs français. L'humoriste qui ne fait plus rire y trouvera la justification de ses propos scandaleux. Je suis d'avis de dire que le meilleur moyen de lutter contre les idées de Dieudonné est de les ignorer. Le mettre sur le devant de la scène n'arrange absolument pas les choses mais relance au contraire "la concurrence des victimes", course dont tout le monde conviendra qu'il ne peut absolument rien sortir de bon.

26/02/2005

Chassez le naturel, il revient au galop. C'est ce que m'inspire l'Affaire de l'appartement d'Herve Gaymard, notre ministre de l'économie aujourd'hui démissionnaire. Le génie politique de Jacques Chirac a été de mettre en évidence et d'exploiter ce qu'il avait appelé "la fracture sociale" pour se faire élire à la présidence de la république. Quelques années plus tard, son premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, nous a parlé de... "La France d'en bas". La droite française avait donc trouvé le bon filon, elle avait compris surtout que, pour gagner des élections, en ces temps difficiles, il est nécessaire de se rapprocher du peuple. Nicolas Sarkozy, pour gagner sa formidable popularité, par exemple, n'a rien fait d'autre que cela, aller au devant du peuple, se rendre sur le terrain, comme on dit. La consigne était donc claire, du moins pour ceux qui ont des ambitions politiques. Seulement voilà, le naturel revient toujours au galop. Hervé Gaymard, fraîchement nommé ministre de l'économie, déclarait, il faut réduire le train de vie de l'Etat. Or, au même moment, il emménageait avec sa femme et ses 8 enfants dans un appartement de 600 m2, dans les beaux quartiers de la capitale, pour un loyer de 14 000 euros par mois, payé par l'Etat. Pour sa défense, il n'a rien trouvé de mieux à dire que, je n'étais pas au courant. Il n'était pas le seul évidemment à bénéficier de tels avantages. Les quelques amis de L'UMP qui ont voulu lui apporter leur soutien, ne voyaient pas, quant à eux, où était le mal.

21/02/2005

Lecture du magazine Lire d'octobre 2004. En couverture, "L'Amérique vue par ses écrivains." Le journal pose une question fondamentale, Que se passerait-il si George W. Bush était élu ? Pour Richard Ford "Nos précieux idéaux seraient détruits ou endommagés pour des générations. Comme l'erreur est humaine et que nous sommes des êtres humains aux Etats-Unis, on peut pardonner à notre nation l'erreur d'avoir George Bush pour président une fois. Mais nous serions moralement coupables si nous l'avions une seconde fois." L'autre écrivain, Russell Banks, affirme "Si les républicains gagnent les élections, ils auront réussi à faire main basse sur la république et à la remplacer par un Etat ploutocratique fasciste qui risque fort de durer jusqu'à ce qu'il y ait une deuxième révolution."
Lisant cela, je me demande, ont-ils voulu nous faire peur où sommes-nous réellement perdu ? Doit-on organiser des grands suicides collectifs parce que l'humanité est perdue ou doit-on s'engager dans la résistance armée ? En tout cas, notre pire cauchemar est une réalité. Une réalité qui débarque aujourd'hui en Europe pour tenter une réconciliation avec les européens. Une réalité qui a mené les irakiens aux urnes. Une réalité qui oeuvre en faveur de la paix au Proche-Orient.

19/02/2005

Ce que nous avons en Europe, que d'autres pays peuvent nous envier, c'est d'une part la liberté (la démocratie) et d'autre part un niveau de vie extrêmement elevé comparé au reste de la planète. Si l'Europe était une zone totalitaire et pauvre je doute qu'un quelconque pays puisse vouloir y adhérer. Mais si l'Europe était une zone totalitaire, elle obligerait, par la force, d'autres pays à entrer dans sa zone d'influence.

Nous avons donc des grandes valeurs en Europe. C'est une chose que nous oublions très souvent, ce que je trouve normal. Par contre, ce que je trouve dangereux, c'est que des inquiétudes nous fasse douter de nos valeurs.

Si les Turques veulent devenir Européens c'est parce qu'ils pensent que l'Europe peut leur apporter davantage de liberté et de prospérité. Nous devrions en être fier. Au lieu de quoi, nous réussissons à en faire un autre motif d'inquiétude.

Or l'inquiétude, la peur, le doute en nos valeurs nous ferons en adopter d'autres.

Je ne pense pas que ce soit faire preuve d'un optimisme inconsidéré en disant que tous les être humains aspirent à la liberté et la prospérité. C'est pourquoi, référendum ou pas, dans 15, 20 ou 30 ans l'adhésion de la Turquie à l'Europe sera une réalité. En tout cas, je l'espère, autrement ce serait un très mauvais signe pour l'humanité. (extrait de ma participation au forum de libération)

09/02/2005

Ça, c'est tout le paradoxe de l'internet et de notre économie. D'une part, il y a les professionnels de l'industrie du disque qui condamnent les échanges de fichiers musicaux à travers les reseaux de peer-to-peer ( le téléchargement pirate, comme ils disent) sous le pretexte du manque à gagner et des suppressions d'emplois qui en découlent. Et, d'autre part, il y a la SNCF qui envisage la suppression de milliers d'emplois, car une part importante des réservations se fait maintenant en ligne. Il y a aussi l'Etat qui, tout en faisant de l'emploi sa priorité, encourage les français à faire leur déclaration d'impôt en ligne dans le but de supprimer quelques emplois de fonctionnaires.
Il est clair qu'avec le développement de l'internet, le travail a tendance à disparaître. Que cesse alors l'hypocrisie de ceux qui nous disent "attention, en téléchargeant de la musique gratuitement vous êtes responsable de la perte de milliers d'emplois". Ce qui les intéressent en réalité c'est l'argent qu'ils peuvent se mettre dans la poche, certainement pas la préservation d'emplois. Au nom de quel principe de droit, dans ce cas, devons-nous préserver un modèle économique (celui de l'industrie du disque et des artistes qui gagnent de milliards) face au danger que constitue pour eux une forme de progrès technologique ? Le principe que l'humanité a retenu jusqu'à présent est qu'on n'arrête pas le progrès dans la mesure où il profite à davantage de gens qu'il ne nuit.
Et les droits d'auteurs, me diront certains, qu'en fais-tu ? Ils devraient être réexaminer en fontion de la nouvelle donne. Les artistes ne sont pas tous des hommes d'affaires et j'imagine que la plupart d'entre eux souhaitent avant tout la diffusion de leur oeuvre auprès d'un public. Leurs droits devraient les protéger de ceux qui gagnent de l'argent avec leurs créations, certainement pas de ceux qui les aiment, les achètent et les diffusent gratuitement.
Signez la pétition du nouvel obs.

07/02/2005

Voici quelques extraits d'un article du journal Le monde (Laurent Zecchini) intitulé La France et la Lybie du colonel Kadhafi relancent leur "coopération stratégique" et militaire.

Puis le "Guide" au visage de sphinx, vêtu d'une toque et d'un pull-over noir recouvert d'une élégante abaya (cape) beige, a tendu la main à Michèle Alliot-Marie, venue lui apporter le "souvenir très chaleureux" de Jacques Chirac, et "concrétiser très rapidement les relations de confiance entre la Libye et la France" par la signature d'un accord-cadre précisant les futures relations de défense entre les deux pays. (...)
La visite de Mme Alliot-Marie a donné le coup d'envoi d'une série de contacts entre experts et états-majors. Les industriels français, notamment Dassault, Thales et la Snecma, sont déjà présents en Libye, où ils font face à une rude concurrence. Les Américains ont raflé la mise des contrats pétroliers en obtenant 11 des 15 permis d'exploration octroyés par la Libye, mais les Européens sont mieux placés dans le domaine des armements. (...)
Le colonel Kadhafi a indiqué à Mme Alliot-Marie qu'il est intéressé par l'avion et l'hélicoptère de combat français, le Rafale et le Tigre. (...) A ce stade, un concurrent américain est exclu, puisque Washington maintient son embargo sur les armements.(...)
Toutes les demandes de licences d'exportation sont étudiées par la Commission interministérielle pour l'étude des exportations des matériels de guerre (CIEEMG). Il n'est pas question, par exemple, que des instruments de visée nocturne puissent être vendus à la Libye, et éventuellement utilisés, au Tchad, contre les soldats français de l'opération "Epervier". La France et la Libye ont certes "beaucoup d'intérêts communs" , comme l'a souligné Mme Alliot-Marie, mais le tempérament fantasque du "Guide" incite à la prudence.

Comme le laisse entendre la fin de cet article, Kadhafi est un dictateur. Cet homme, au pouvoir en Lybie depuis 1969, est mieux connu pour ses actions militaires voir terroristes (attentat contre un DC 10 d'UTA dans lequel se trouvaient des voyageurs français) que pour ses efforts en faveur du développement de son pays ou d'une démocratisation de la Lybie. Ce n'est qu'après l'intervention des américains en Irak que Kadhafi est devenu plus conciliant avec les occidentaux. Avant cela, il adoptait une attitude très provocante qui n'était pas sans rappeler celle de Saddam Hussein. Or, si j'ai bien compris, la France, qui s'opposait avec force à la guerre en Irak, va lui faire des courbettes pour lui vendre des armes... Je n'ai pas honte de le dire, après le vote des irakiens et la démonstration de leur grande aspiration à la démocratie, je préfère mille fois l'attitude de George Bush, qui a abouti à la fin d'une dictature et des éléctions libres en Irak à celle de Jacques Chirac et de sa ministre de la défense. Certes George Bush peut paraître ridicule lorsqu'il dénonce un "axe du mal", mais que dire de celui qui s'oppose à la guerre et vend des armes au colonel Kadhafi ?