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30/12/2003
Je reviens sur la querelle franco-américaine pour éviter tout malentendu. Je suis heureux que l'Irak soit débarrassé de Saddam Hussein mais je trouve anormal qu'un pays (les Etats-Unis) en occupe un autre (l'Irak), j'aurai préféré que, plutôt qu'une intervention des américains en Irak, nous ayons eu une intervention de l'ONU. Mais cela n'a pu se faire en raison du zèle de Chirac. Selon moi, il s'agissait d'une autre connerie de notre président, comme nous pouvons nous en rendre compte maintenant. Je ne fais donc pas l'apologie des américains, mais je condamne la stratégie de Chirac lorsqu'elle n'a aucun sens et des fâcheuse conséquences. Son intelligence politique est certaine, lorsqu'il s'agit de gagner des élections, mais je ne crois pas que, en tant que président, il marquera son époque (sans doute son désirs le plus profond) excepté pour avoir été élu avec plus de 80% de voix contre un candidat du Front National.
29/12/2003
Un poème d'amour pour me réconcilier avec la vie.
28/12/2003
A l'époque où Saddam Hussein était le maître de Bagdad et jouait à un-coup-je-veux-un-coup-je-veux-pas avec les inspecteurs de l'ONU chargés de vérifier son arsenal militaire, les Etat-Unis ont montré qu'ils étaient fermement décidé à attaquer l'Irak. En France, nous avons pensé, il faut s'opposer aux américains ! Et nous avons commencé à regarder avec mépris l'Angleterre, l'Espagne la Pologne et d'autres états européens qui eux, s'engageaient aux côtés de notre allié. Aujourd'hui, nous pouvons faire le bilan de ce "il faut s'opposer aux américains". Il est désastreux sur le plan économique, sur le plan international et sur les esprits car il exacerbe des deux côtés de l'Atlantique une véritable haine des uns contre les autres, dont nul ne sait quelle proportion elle prendra demain (en plus il n'a servi à rien). Maintenant, il se trouvera toujours des francais, sans doute un peu bélliqueux, pour dire, "il faut s'opposer aux américains" quoi qu'ils fassent. Mais il est stupide de s'opposer pour s'opposer. Il faut le faire de manière judicieuse et pour des bonnes raisons.
Beaucoup de jeunes s'engagent dans des mouvements pour la défense de causes très nobles. De ce fait, ils font parti d'une sorte de tourmente et sont incapable de distinguer le bien fondé de leur lutte ni même l'impact qu'elle peut avoir dans le monde où nous vivons. La plupart passent ainsi leur jeunesse et finiront à des postes de responsables commerciaux ou de DRH. D'autres ont sans doute une vocation plus solide et continueront la lutte. Mais tous s'inclineront, un jour ou l'autre, devant le risque d'être marginalisés. J'espère que ces jeunes se rendront compte, au moins un jour dans leur vie, qu'ils n'ont fait que sevir le système, même lorsqu'ils pensaient le combattre. Toute leur vie, ils auront été des moutons faciles à tondre. Ils ont cependant raisons de réagir et lorsqu'ils jetteront l'éponge, nous pouvons espérer que leur enfants prendront le relais.
Tout le problème avec nos jugements et nos opinions vient de là. Nous jugeons dans le cadre auquel nous appartenons. S'il était né aux Etats-Unis, mon lecteur qui n'aime pas les américains n'aimerait pas les français, mais il est né en France donc les salauds ce sont les américains. De même, si mon voisin était né en Arabie Saoudite, il trouverait normal que les femmes portent le voile, au lieu de quoi il veut l'interdire au nom de la laïcité parce qu'il est né en France. Pour voir ce qui se passe dans notre monde, il conviendrait, en réalité, de prendre du recul par rapport à sa réligion, sa race, son pays, son milieu social, son éducation, sa culture, ses amis, les journaux, la télévision etc. (ce que personne ne veut faire) de s'extraire de ce système et de regarder, de l'extérieur, comment il fonctionne. Les choses que vous verriez sont très surprenantes mais, bizarement, correspondent à ce que nous pouvons lire dans la plupart des livres saints... Aimez-vous les uns les autres.
27/12/2003
L'anti-américanisme que je commence à sentir un peu partout
en France pue.
Je croyais que nous étions maintenant suffisament intelligent pour
savoir qu'il n'y a rien de plus stupide que de dire les américains,
les allemands, les anglais, les juifs, les arabes, les noirs... et mettre
ainsi des millions d'individus dans un même sac comme s'ils agissaient
tous de la même manière : je me trompais.
Evidemment qu'il y a des cons et des méchants aux Etats-Unis, comme
il y a des cons et des méchants en France et partout ailleurs dans
le monde.
Bon ou mauvais, les américains ont le gouvernement pour lequel ils
ont votés librement, il s'agit donc d'une démocratie, tout
comme la France. George Bush a été élu avec très
peu de voies d'avance sur son adversaire ce qui, déjà, prouve
que seulement un américain sur deux partage(ait) ses opinions (et
encore) (Jacques Chirac était au second tour des éléctions
présidentielles, en France, contre un candidat du front national)
(aucun commentaire) Bush a en tête deux choses : les intérêts
de son pays et son propre intérêt qui consiste à se
faire reélire président. Quel homme politique agirait différemment
? Personne ne s'attend, je l'espère, à ce que le président
des Etats-Unis agisse comme Mère Thérésa.
En s'opposant à la guerre en Irak, Jacques Chirac a commis un excés
de zèle. Il s'est cru de Gaule. Je me souviens qu'on parlait de lui
pour recevoir le prix Nobel de la paix (aucun commentaire). Tout ça
au nom de l'arrogance française.
Cette arrogance, en un certains sens, m'impressionne beaucoup, car elle
nous pousse à nous trouver des ennemis à sa mesure (donc les
plus grandes nations du monde). Nous n'avons pas la prétention de
sauver le monde de la connerie des américains mais d'imposer notre
connerie plutôt que celle des américains (on se croirait parfois
au stade à supporter la France contre les Etats-Unis). En attendant,
monsieur Raffarin regarde vers le Etats-Unis en espérant une reprise
économique qui ferait le plus grand bien à sa politique pour
la France.
Cet anti-américanisme primaire, qui se retrouve maintenant à
droite comme à gauche, à l'extrême droite comme à
l'extrême gauche, qui n'épargne que les liberaux, à
la Madelin, à cause d'une autre forme de connerie qu'il partage avec
les américains, pue.
26/12/2003
Voici ce que m'a écrit un lecteur il y a quelques jours :
"Concernant votre brillant exposé sur l'idée que vous vous faite sur Bush et Chirac le 22/12/03. On voit bien là l'exemple type de l'idée de "il n'y a pas de monde sans les USA". Vous semblez vouloir montrer aux autres que nous, nous sommes plus les boufons des ricains. Il faut vous dire que ce pays s'en fout et ne sert que son intérêt, et tant qu'il n'aura pas une puissante force en face il finira par nous bouffer."
Et puis je viens d'entendre, sur Europe 1, quelques réactions d'auditeurs sur l'actualité. Beaucoup trouvent inadmissible que, "sur l'ordre des américains", le gouvernement français a décidé de supprimer 6 vols d'Air France en direction des Etats-Unis du fait de sérieux soupçons de menace d'attentats.
A tous ces gens, je voudrais simplement répondre qu'il y a effectivement bien longtemps que nous n'avons pas connu de véritable guerre. Sachant qu'il y a maintenant une haine grandissante de certains américains à l'égard des français et une haine grandissante de certains français à l'égard des "ricains" (comme l'écrit si bien ce lecteur) je crois que nous avons pris un bon chemin vers un bon conflit planétaire qui devrait résoudre tous nos problèmes. Ce qu'il nous manque, maintenant, c'est un véritable leader charismatique à la Le Pen, un homme qui ait des couilles pour balancer une bombe sur les Etat-Unis.
Toute guerre a, à son origine, une bonne dose de connerie humaine et nous travaillons a augmenter la connerie qu'il y a en nous. Partout nous offrons la facilité et la médiocrité parce que c'est ça qui marche, c'est ce que les gens veulent. La personne qui m'a envoyée ce mail est comme beaucoup d'autres : elle aime les choses simples. Or les choses les plus simples dans la vie s'explique de la manière suivante : un méchant et un gentil. Dans mes écrits il y a trop de nuance, ce qui oblige les lecteurs à un petit effort intellectuel. Mais ce n'est pas bon, il faut de la simplicité. Ce que je répugne à faire, d'autres le font avec un certain talent et non sans réussite (allumer la télévision vous verrez). Seulement la facilité qui plait tant "au public" mène à la connerie. Cette connerie mène à la haine. Cette haine sert en politique et engendre des conflits, ces conflits nous mène à Auschwitz que nous regardons avec dégoût mais que tout nous pousse à reproduire.
Cela semble plus fort que nous, nous cherchons les moyens de justifier l'injustifiable. Le monde actuel et la manière dont nous faisons face et répondons aux problèmes et aux questions qu'il nous pose nous permet chaque jour de trouver les moyens d'y parvenir.
Le problème aujourd'hui n'est pas seulement de dire ce que l'on
pense mais surtout de bien penser et, d'abord, se donner les moyens de le
faire.
24/12/2003
J'apprends que le premier ministre Jean Pierre Raffarin est allé une nuit de décembre, le 23 précisément, à la rencontre des sans-abris. C'est une excellente chose dans la mesure où il n'aura plus l'excuse de dire, je ne savais pas qu'il y en avait. Maintenant, on sait qu'il sait, attendons de voir son plan contre la précarité qui, en terme de fléau, se pose là quand même (à moins qu'il n'ait simplement dit à tout ces gens, mais pourquoi vous ne cherchez pas du travail ?).
22/12/2003
Depuis son élection, on n'a cessé de nous présenter
le président américain comme un véritable imbécile.
La majorité de l'opinion public, en France, s'en est même concaincu.
Mais, bientôt, j'ai bien peur que l'on ne se rende compte qu'entre
Chirac et Bush, le moins intelligent des deux n'est pas forcément
celui que l'on pourrait croire. En tout cas, les faits sont là. Avec
le revirement de la Lybie, les américains viennent d'obtenir
un nouveau succès alors que la diplomatie française peine
à régler le problème de l'indemnisation des victimes
de l'attentat contre le DC10 d'UTA. Ce succès américain, il
ne faut pas en douter, a pu être obtenu grâce aux impressionnantes
démonstrations de force offertes au monde entier depuis le 11 septembre
2001. L' Afganisthan et l'Irak. Kadhafi a pu penser que son pays allait
être le troisième de cette liste.
Je n'ai pas peur de dire que, sur le plan international, le travail accompli
par l'administration Bush est très impressionnant et l'histoire retiendra
davantage cela que les sketchs des guignols.
Je n'écris pas tout ceci pour rendre un quelconque hommage à
George W. Bush, mais pour que les français se rendent compte à
quel point leur arrogance peut leur être néfaste. Les polonais
ont sans doute eut bien plus de clairvoyance que nous, concernant leur soutien
aux Etats-Unis. Chirac avait, ce jour-là, manqué une occasion
de se taire, de même qu'il n'y avait aucun intérêt à
poser le veto de la France, à l'ONU, contre l'intervention des américains
en Irak. Entre l'affaire du Crédit Lyonnais, la non-participation
à la reconstruction de l'Irak et, maintenant, le camouflet de la
Lybie (car il serait bien étonnant qu'ayant les faveurs des Etats-Unis
ce pays consente à donner davantage aux familles des victimes du
vol UTA) sans oublier l'anathème jeté sur les produits français
aux Etats-Unis, le choix de Chirac commence à coûter très
cher à la France... et ce n'est pas fini.
18/12/2003
Aujourd'hui je réponds à une personne sur le forum de libé qui, suite à mon intervention d'hier (voir texte du 17.12), a voulu me dire à quel point cette loi sur l'interdiction des signes réligieux est une bonne chose ... pour la FRANCE.
Bonjour Nathi,
Je trouve tout d'abord que vous avez commis un lapsus tout à fait révélateur en écrivant qu'étant "contre le voile" (plutôt que "contre une loi interdisant le port du voile") je pouvais être qualifié d'intégriste réligieux. Vous pouvez effectivement agir de la sorte et, ce faisant, plutôt que contredire mes propos, vous ne feriez que les confirmer.
Mon propos n'était évidemment pas de traiter qui que ce soit de nazi mais de mettre en garde contre la peur qu'on nous inculque des musulmans. Cette peur, en France, n'est pas justifiée. D'autre part, j'affirme que c'est elle qui nous conduira certainement à un nouveau Auschwitz. Vous voyez que la question n'est pas de traiter qui que se soit de nazi, car je pense que nous sommes tous en mesure de l'être...
Je trouve admirable que vous pensiez que nous sommes maintenant plus intelligents
que les européens des années 30 et que les désatres
qui se sont produits au 20eme siècle ne se reproduiront pas au 21eme.
Moi, je constate, au contraire, que nous sommes toujours confrontés
aux mêmes problèmes et que les seules réponses que nous
trouvons ce sont des lois, des interdictions... pour empêcher l'autre
d'être ce qu'il est, c'est-à-dire différent.
Selon mon opinion, c'est n'est pas une loi qui doit faire ôter le
voile aux femmes musulmanes mais l'éducation. Or, nous sommes en
train de dire, nous n'allons plus les accepter dans nos écoles. Donc
les musulmans et musulmanes qui voudront pratiquer leur religion dans la
dignité, selon les principes qui leur ont été enseignés,
devront aller dans leurs propres écoles. Ensuite, les femmes qui
voudront travailler vont devoir choisir entre renier leur principe pour
avoir un travail dans une administration ou rester chez elle. En conclusion,
une loi, plutôt que de faire enlever le voile aux femmes qui le portent
par conviction religieuse, aura certainement l'effet inverse et les obligera
à s'enfermer chez elle et dans leur communauté.
L'école laïque est faite pour nous aprendre à vivre ensemble. Aujourd'hui, elle nous montre qu'elle n'est pas capable d'assumer ce rôle. Et la moitié de la France, à commencer par les plus hauts responsables, s'en félicite.
Vous pensez sans doute, à propos des nazis, qu'ils sont arrivées au pouvoir par un coup de baguette magique et qu'ils ont décidé l'extermination des juifs. Et là, toute l'europe s'est dit allez-y faites donc, nous regardons ailleurs. Non, ces choses-là se préparent tout doucement par des petites crises, des petits scandales qui, au bout d'un certain temps, finissent par nous faire dire, nous ne sommes pas méchants, nous avons fait de notre mieux, mais il semble évident que nous ne pouvons pas vivre avec ces gens-là.
Aujourd'hui, nous avons toutes les bonnes raisons pour obliger la femme musulmanes à porter le voile seulement chez elle. Demain nous trouverons également inadmissible qu'elle continue de le porter même chez elle. Nous ne dirons plus interdit "à l'école" ou dans "les lieux pulics" mais interdit dans notre pays. Mais nous ne serons pas plus rassurés, alors nous dirons, ça ne va pas, nous avons fait notre possible mais il n'y a rien à faire pour qu'ils comprennent, mettons leur un signe pour les reconnaître etc.
Pensez-vous que ce soit un hasard (car il me semble que le problème du voile s'est déjà posé il y a quelques années) pensez-vous donc que ce soit un hasard si, moins de 2 ans après avoir vu Le Pen au second tour des présidentielles, le gouvernement décide d'une loi contre le voile ?
En ayant peur, nous donnons peu à peu raison aux xénophobes. Et ce n'est pas moi qui "joue" avec le feu en comparant la loi qui interdit le voile à celle qui obligeait à porter une étoile jaune, c'est la France entière, au contraire qui, en acceptant des débats et des lois pour légiférer là où un responsable d'établissement devrait agir suivant les cas particuliers auxquels il serait confronté, joue un jeu pervers et dangeureux.
Croyez-le ou non, si Chirac a décidé le vote d'une loi, c'est effectivement pour sauver la république mais pas du danger que vous croyez. Si le gouvernement decide une loi contre le voile, c'est surtout pour satisfaire les électeurs du front national. Parce qu'il pense que ne pas réagir, dans le contexte actuel, ce serait donner davantage de vote à Le Pen. Comprenez-vous où est le véritable danger qui menace la république ?
Si ce danger-là existe et que personne ne semble le prendre en compte dans ce débat, c'est qu'il en est un autre qui existe également, que vous ne voulez pas voir, mais contre lequel je vous mets en garde.
Les allemands, dans les années 30, n'étaient ni plus bêtes ni plus racistes que nous, ils souhaitaient, comme nous tous, défendre leur grandeur, leur culture, leur histoire, leur pays et... leur race. Croyez le ou non, ils étaient parvenus à justifier l'injustifiable, et cela ne s'était pas fait du jour au lendemain.
17/12/2003
Aujourd'hui le président Chirac doit communiquer la décision
de son arbitrage sur une question importante pour l'avenir de la France.
Les jeunes filles musulmanes ont-elles le droit ou non de porter un voile
ou un foulard sur la tête à l'école ? Il semblerait
qu'il soit favorable à une loi pour interdire le port du voile. Soit.
En tout cas, il a en main, depuis quelques jours, le fameux rapport Stasi,
censé lui fournir tous les éléments nécessairesà
sa réflexion et à son jugement que nous attendons tous comme
celui de Saint Louis. Les rédacteurs de ce rapport préconisent
l'interdiction du voile à l'école mais font, d'un autre côté,
une proposition, mal venue par les temps qui court (du moins pour Alain
Juppé et Jean Pierre Raffarin qui trouvent que l'on ne travaille
pas assez en France), celle de créer deux nouveaux jours fériés
dans le calendrier scolaire pour les fêtes musulmanes et juives de
l'Aïd El-kédir et du Kippour. Cette proposition, que les journalistes
ont qualifiée de "surprise", n'est certainement pas anodine.
Les rapporteurs ont éprouver le besoin de compenser un excès
d'autorité de la part de la laïcité. Autrement dit, ils
reconnaissent implicitement qu'interdire les signes religieux revient à
restreindre la liberté de culte des individus mais, surtout, à
stigmatiser certaines religions et, au-délà, d'autres cultures.
Pour être honnête et cesser de traiter cette question avec hypocrisie,
il conviendrait d'admettre que cette loi vise avant tout les musulmans.
Ce sont eux qui "dérangent", ce sont eux qui effraient
la république. Lorsqu'on admet cette vérité, cette
question ne nous semble pas seulement ridicule mais également dangereuse.
Il fut une époque où une loi obligeait les juifs à
porter un signe très ostensible : une étoile jaune. Aujourd'hui,
une loi voudrait interdire tout port de signe ostensible aux femmes musulmanes.
Il y a une grande différence me direz-vous. Il y a également
un point commun très fort : la volonté d'imposer son contrôle
à une culture qu'on ne comprend pas et qui nous fait peur.
Cette histoire de voile n'a fait, en effet, que mettre en évidence
cette peur des français face aux musulmans. On veut une loi pour
protéger la république. Mais cette loi sera-t-elle suffisante
? Je ne le crois pas. Je crois qu'elle marque au contraire les prémices
d'une question que nous aurons toujours plus de mal à gérer.
14/12/2003
La lecture de deux livres de Imre Kertész, "Le
refus" et "Kaddish pour l'enfant qui ne naîtra
pas" font qu'aujourd'hui je ne suis pas le même homme qu'hier,
car, aujourd'hui, ma perception de l'humanité a beaucoup évolué
et je découvre l'homme dans une tenue qui n'est vraiment pas à
son avantage, mais qui me semble pourtant celle qui lui convient le mieux.
Imre Kertész, écrit à partir de son expérience
d'Auschwitz et révèle à chacune de ses phrases, de
ses pensées, des vérités sur les hommes quand ils cessent
d'être des hommes, autrement dit, de se donner une image présentable
pour paraître des animaux sociables.
Contrairement à ce que l'on voudrait nous faire croire, le plus important
avec les camps de concentration ce ne sont pas les victimes, mais plutôt
le fait que nous sommes tous capables d'être, un jour ou l'autre,
des bourreaux, des tortionnaires. C'est notre monde qui nous y conduit.
Peu importe le côté où l'on se place, à partir
du moment où l'on accepte le monde tel qu'il est, ce que nous sommes
tous conduits à faire, nous acceptons l'horreur.
J'étais prêt à écrire nous acceptons qu'Auschwitz
se reproduise, mais la réalité est que, depuis la fin de la
seconde guerre mondiale, Auschwitz ne cesse de se reproduire à différent
endroit du monde, pendant que des belles voix nous disent "souvenons-nous
des victimes, plus jamais ça". Mon cul. Encore et toujours un
moyen de se donner une bonne conscience pour qu'on puisse continuer gentiment
notre petit chemin qui nous conduira vers nos propres horreurs.
En nous apprenant, dés notre plus jeune âge, à obéïr,
on nous prépare, soit à marcher sagement vers les camps où
nous serons exterminés, soit à porter une arme et à
tuer comme si nous ne faisions que notre boulot, en véritable professionnel,
que nous apprenons, avec tant de plaisir, de conviction et de dévouement
à être, je fais mon boulot, disons-nous, puis, demain, je fais
mon devoir, mais jamais on nous prépare à réfléchir
au sens de ce boulot, encore moins de ce devoir. Souvenons-nous seulement
des victimes, car leur sang, parfois, réclame vengeance.
Enfant, avant d'aller à Auschwitz, Imre Kertész était
dans un pensionnat dirigé par un "dirlo" très sévère,
qui s'appliquait à apprendre aux jeunes enfants à être
des hommes dans la société hongroise. Ce dirlo était
juif. Il est mort dans un four crématoire. Kertész écrit
:"... si je dois ressentir ce fait comme pour ainsi dire sa justification
définitive, alors, très vraisemblablement, ce sera toujours
le fruit de l'éducation efficace qu'il m'a donnée, de la "culture"
à laquelle il croyait et à laquelle sa pédagogie nous
preparait..."
Quelques pages plus loin
"Auschwitz, dis-je à ma femme, m'est apparu par la suite comme une exacerbation des vertus qu'on m'inculquait depuis ma prime jeunesse . Oui, c'est alors, durant mon enfance, durant mon éducation qu'à commencé mon impardonnable anéantissement, ma survie jamais survécue, dis-je à ma femme. J'ai pris une part modeste et pas toujours efficace au complot silencieux ourdi contre ma vie, dis-je à ma femme. Auschwitz, dis-je à ma femme, représente pour moi l'image du père, oui, le père, et Auschwitz éveille en moi les mêmes échos."
12/12/2003
Véritable consternation hier soir à la librairie du Virgin Megastore, sur les champs élysées. A l'approche de noël, on expose le maximum de livres sur les étales. Des livres par centaines, par milliers, pour nous permettre de faire nos cadeaux. Amoureux des livres, j'aime les prendre dans mes mains, les toucher, les peser, et puis les ouvrir pour en parcourir rapidement quelques pages. C'est en général là le moment de vérité. J'ai fait ça hier soir, dans le rayon des meilleures ventes. Consternation. Je sais maintenant que 70% des livres qu'on publie ne méritent même pas qu'on se torche le cul avec. Je me suis rendu compte, par la même occasion, qu'on admire davantage la réussite que le talent et que la médiocrité devient, de ce fait, le seul niveau avec lequel les gens se familliarisent. Elle devient une valeur de notre société et ceux qui pensent exercer un sens critique quelconque ne parviennent, en réalité, qu'à distinguer le moins médiocre du véritable médiocre.
06/12/2003
Ceux qui lisent ce blog avec un peu de régularité n'auront pas manqué de constater certaines contradictions flagrantes dans les propos de son auteur. D'abord je dis que la démocratie est une condition nécessaire au développement des pays les plus pauvres et, ensuite, je trouve du sens aux propos de Jacques Chirac lorsqu'il affirme "le premier des droits de l'homme c'est manger," Je vais même plus loin en disant que les choses doivent se faire progressivement.
Alors, d'abord le pain puis la démocratie ou d'abord la démocratie ensuite le pain ? Dans le cas de la Tunisie, je trouve admirable que les tunisiens ne meurent pas de faim. Si, de ce fait, ils s'intéressent maintenant à leurs libertés individuels, on ne peut que les soutenir dans leur lutte. Cela me semble d'ailleurs une évolution logique. Dans beaucoup d'autres pays, les hommes n'ont ni le pain ni la liberté. Durant des années, avec des programmes d'aide divers et variés, on a voulu leur donner les moyens de se développer mais leur situation n'a fait qu'empirer. Alors, où est le problème ? Peut-être dans le fait que les régimes en place ne considèrent pas la nécéssité de nourrir leurs populations mais souvent de les exterminer. Doit-on mettre dans un même sac le dictateur qui réussit à nourrir son peuple et celui qui, non seulement l'affame, mais, en plus, l'extermine ? Je ne pense pas.
Mais, aujourd'hui, le monde tourne un peu à l'envers et l'on assiste à des prises de position assez curieuses, à défaut d'être courageuses. Personnellement, j'ai applaudi l'intervention américaine en Irak (regrettant toutefois qu'elle n'ait pu se faire sous l'égide de l'ONU) parce que cette intervention mettait hors d'état de nuir un dictateur qui a affamé et exterminé son propre peuple. Ils étaient nombreux ceux qui disaient il ne faut pas y aller. Tout ceux-là qui, pour un peu, auraient soutenu Saddam Hussein contre George Bush, figurez-vous que ce sont les même qui se scandalisent maintenant de la phrase de Chirac. Autrement dit, ils trouvent honteux que le président français serre la main du président Tunisien, dont le peuple ne meurt pas de faim, mais trouve normal de protéger de la menace américaine un autre dictateur bien pire que lui. Ce monde EST contradiction.
04/12/2003
En
voyage en Tunisie, Jacques Chirac n'a pu s'empêcher de dire tout haut
ce qu'il pense peut-être tout bas (là est la gaffe) à
savoir, "le premier des droits de l'homme c'est manger, être
soigné, recevoir une éducation et avoir un habitat",
ajoutant que "de ce point de vue, il faut bien reconnaître
que la Tunisie est très en avance sur beaucoup de pays".
L'obscur homme de gauche que je suis peut affirmer qu'il est d'accord avec
lui sans compromettre sa conscience. Il n'en est pas de même pour
les leaders d'opinion de gauche qui, pour les plus intelligents, saisissent
là une bonne occasion de taper sur le président et, pour les
autres, se scandalisent réellement de tels propos. Quel intérêt
d'être libre lorsqu'on meurt de faim ? Alors que tout le monde, en
occident, parle de liberté le ventre plein et condamne les régimes
autoritaires (ce qui est assez facile), Chirac met en évidence ce
qui marche en Tunisie. Et, très honnêtement, pour diverses
raisons qui tiennent à la fois de l'histoire et de la culture d'un
pays (voir même d'un continent) (qu'il serait trop long de développer
ici), les choses, selon moi, doivent se faire progressivement. Sachons donc
apprécier les progrès accomplis, lorsqu'ils existent, et évitons
de tout détruire sous le prétexte que tout n'est pas parfait.
Cela est valable dans des nombreux domaines, pas seulement en Tunisie mais
dans le monde entier. Et le fait que le président français
voit les choses de cette manière ne me paraît pas scandaleux
mais, au contraire, assez sage.
02/12/2003
Ils font des jolis cercueils
Avec 4 roues et un volant
Appellent ça l'Automobile
Et vont sur les routes comme des débiles
On leur apprend alors
A grand coup de ministre
De prévention
De sanction
De radars
De gendarme
De journalistes qui se bousculent
Que leurs beaux véhicules
(Dont ils peuvent être fiers)
Ne sont pas fait pour trouver la mort
Mais pour se déplacer
D'un point à un autre
De leur maison à leur travail
De leur travail à leur maison
Et
Le temps d'un week-end
De la ville aux petites routes de campagne
Mais
Ces engins là manifestement
Quoi qu'on en dise
A très vive ou très faible allure
Mènent à la mort
Indubitablement
01/12/2003
On se demande pourquoi le gouvernement Raffarin, si prompt à lutter contre les fléaux, n'a encore rien trouver contre le Sida. Pourquoi ne pas travailler un autre jour férié en solidarité avec l'Afrique ? J'y suis absolument favorable. Je pense au 11 novembre, jour de l'armistice de la guerre de 14-18. Guerre durant laquelle bon nombre d'africains on fait preuve de solidarité à l'égard de la France.