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31/07/2004

Je ne suis absolument pas un spécialiste de l'économie. Je n'ai aucun diplôme me permettant de faire valoir une quelconque compétence dans ce domaine. Cependant, j'écoute ce que nous disent les hommes politiques et j'écoute les français se plaindre et je me pose quelques questions. J'apprends, par exemple, que le système de sécurité sociale est au bord de la faillite. Pour le sauver, le ministre de la santé veut faire la chasse au gaspillage, c'est-à-dire aux consultations multiples et injustifiées de la part de certains assurés et à la surconsommation de médicaments. C'est le bon sens qui parle. Mais, en même temps, les médecins, en particulier les chirurgiens en ce moment, se plaignent de la baisse de leurs revenus. Je pense ne pas me tromper en disant que l'argent qui sort des caisses de la sécurité sociale constitue pour une certaine part les paiements de leurs honoraires. Donc, si les français limitent leur frais médicaux, certes la sécu s'en portera mieux mais les médecins verront leurs revenus baisser davantage. L'industrie pharmaceutique commencerait également à se plaindre et ne manquerait de nous apprendre qu'ils ne gagnent plus suffisamment d'argent pour financer les recherches de nouveaux médicaments. D'autres part, pour en revenir aux problèmes de nos éminents chirurgiens, le principal object de leur colère est l'augmentation considérable du coût de leur assurance. Cela signifie que l'argent de la sécu ne fait pas vivre seulement les professionnels de la santé mais aussi ceux de l'assurance. L'argent que "perd" la sécu n'est donc absolument pas perdu pour tout le monde. Je crois même qu'il participe pour beaucoup à l'activité économique du pays. Seulement l'attitude du gouvernement et des principaux leaders politique consiste à nous dire qu'il s'agit d'un énorme gaspillage. C'est donc aux assurés que l'on veut faire porter la responsabilité de ce fameux trou. Vous vous faites trop soignés et cela nous coûtent cher, semble dire M. Douste Blazy. Il demande alors aux assurés de faire des efforts. Ce qui m'étonne, c'est que rien n'est demandé aux grands groupes pharmaceutiques ni aux assureurs. Ils gagnent pourtant énormément d'argent avec la sécu. Il me semble que la bonne solution serait d'abord d'admettre que la sécu n'est pas un système destiné à faire des bénéfices comme une mutuelle ou une assurance. Son déficit est donc tolérable et avant d'être le témoignage d'une mauvaise gestion ou de trop nombreux abus (ce qui est la conviction des hommes politiques de droite) il est le témoignage que les français sont bien soignés. Maintenant, les experts économistes savent qu'à partir d'un certain seuil ce déficit devient dangereux pour le système lui-même. Je ne sais pas si ce seuil est atteint mais il semblerait que oui. Dans ce cas, pourquoi ne pas aller voir les grands groupes pharmaceutiques pour leur dire : vous faites des médicaments et nous, nous gérons un système qui permet aux malades de les acheter en grande quantité (certains même en abuse), aujourd'hui notre système court à la faillite, or s'il venait à disparaître, vous seriez les premiers à en pâtir, après les malades qui n'ont pas de revenus. Nous vous demandons donc de faire un effort financier pour le sauver. Au lieu de quoi, M. Douste Blazy demande aux français de payer 1 euro par consultation. Le gouvernement de droite a parfois des pratiques étonnantes. Lorsqu'une grande entreprise risque la faillite, nous savons que l'Etat n'hésite pas à mettre la main à la poche pour lui accorder la somme nécessaire à son sauvetage, alors pourquoi pas l'inverse ?
Certes il faut faire des réformes mais les français ont-ils eu raison de voter pour Chirac pour faire ces réformes ? Je n'en suis pas convaincu.

>>>Les chiffres-clés de l'assurance maladie.

30/07/2004

De nombreuses personnes ont la prétention de penser et d'emettre des opinions, mais très peu réfléchissent sur l'origine de leurs idées.
S'ils le faisaient, ils s'apercevraient qu'ils pensent d'abord comme le milieu auquel ils appartiennent leur dicte de penser. D'autres, se sentant en pleine possession de leur libre arbitre, diront que leurs idées proviennent de leur vécu. J'ai vu ça, j'ai vécu ça, je pense donc ça. Mais ce n'est pas vrai. Ce n'est pas ce que nous vivons qui est à l'origine de nos idées, mais nos idées qui sont à l'origine de ce que nous vivons.
Nos opinions proviennent essentiellement d'autres personnes qui nous influencent, de la télévision, des journaux et des livres que nous lisons. Parmi toutes ces différentes sources "d'inspiration", il convient donc de faire les bons choix.
Mais pour faire ces choix, il est nécessaire d'avoir déjà quelques idées, or, pour avoir des idées, il faut, comme je le disais, avoir été abreuvé par l'une de ces sources. C'est un cercle vicieux pourrait-on croire. Mais en fait non.
Au départ, c'est une question de chance. Certaines personnes vont avoir la chance de naître près des bonnes sources alors que d'autres naîtront auprès de mauvaises. Mais jamais rien n'est perdu car nous avons, par la suite, à tout moment de notre vie, la possibilité d'aller vers les sources qui nous intéressent.
Aujourd'hui, je suis en mesure de dire que les meilleures sources se trouvent sur les étals des bonnes bibliothèques et je vois mal qui que ce soit me contredire (mais si vous êtes en mesure de le faire, envoyer moi un mail).
Pour finir, j'aimerai illustrer ma réflexion avec des propos tirés de l'autobiographie de Martin Luther King. "(...) S'il m'est très facile de croire en un Dieu d'amour, c'est surtout parce que j'ai grandi dans une famille où l'amour occupait une place essentielle et ou l'ambiance était agréable. S'il m'est très facile de croire que l'univers est foncièrement amical, c'est surtout à cause de cet environnement familial confiant. S'il m'est très facile de me montrer optimiste plutôt que pessimiste à propos de la nature humaine, c'est surtout à cause de l'enfance qui fut la mienne."
Martin Luther King a manifestement eu la chance de naître auprès de très bonnes sources. Je pose donc cette dernière question, qui de lui ou de Hitler avait raison, qui avait tort ?

26/07/2004

"Qu'est-ce que vous dites dans votre confession ?
- Ce que j'ai déjà dit : que je ne peux pas me permettre de coire. Que, dans le métier que je fais, il faut s'abstenir de croire à quoi que ce soit. Croire c'est un luxe qu'on s'offre mais ce n'est qu'une entrave.
- Vraiment ? Certains d'entre nous diraient que le luxe qu'on ne peut pas s'offrir c'est de ne pas croire."

Tous ceux qui aime la littérature et le roman en particulier liront avec plaisir le dernier roman de J.M Coetzee "Elizabeth Costello", paru chez Seuil édition.

20/07/2004

Les informations du jour.
On a dessiné plusieurs croix gammés à la peinture blanche sur un mur, à quelques mètres d'une mosqué.
5 jeunes filles musulmanes portent plainte contre un bowling dont elles se sont vu refusé l'accès parce qu'elles portent un foulard sur la tête.
Ariel Sharon condamne l'antisémitisme en France.
Dois-je prendre tout cela au sérieux ?
Le moindre graphiti antisémite sur un mur doit-il faire l'objet d'une information à la France entière ?
Pour être en accord avec les valeurs auxquelles elles croient, des jeunes filles musulmanes ne devraient-elles pas s'interdirent d'aller dans des lieux de perdition tel que les bowlings ?
Ariel Sharon nous annonce que les juifs ne peuvent pas vivre en paix et en sécurité en France, peuvent-ils vivrent en paix et en sécurité en Israël ?

19/07/2004

Considérant que la France, avec 10% de musulmans, doit faire face une inquiétante montée de l'antisémitisme, Ariel Sharon demande aux juifs de France de quitter leur pays pour se rendre en Israël.
A l'origine de la réligion juive il y a, sous la conduite du prophète Moïse, un extraordinaire exode de l'Egypte vers la terre promise. Des telles paroles n'ont donc certainement pas les mêmes effets qu'elles tombent dans l'oreille d'un gentil, d'un juif non-pratiquant ou d'un pratiquant. Chacun les jugera à sa manière.
Cependant, en agissant ainsi, Ariel Sharon ne condamne-t-il pas, en réalité, son propre peuple à vivre de génération en génération le même calvaire ? Il nous rappelle que le juif sera toujours juif avant d'être d'une quelconque nationalité et que, toujours, confronté à la bêtise des hommes, il sera condamné à l'exil.
Quelle différence y a-t-il entre un extrêmiste de droite qui nous dit qu'un certain groupe d'hommes (les étrangers) doivent quitter la France et Ariel Sharon qui invite un certain groupe d'hommes (les français juifs) à quitter la France ? Pour ma part, je n'en vois pas beaucoup... mais Ariel Sharon n'est-il pas un extrêmiste de droite avant d'être juif ? Mais oui, bien sûr, puisque, comme le rappelle la loi sur la laïcité, la réligion c'est ce que l'on garde pour soi, et ne doit pas être affichée ostensiblement en public, tandis que les opinions politiques, en revanche, s'affichent ostensiblement devant les caméras de télévision.
Tous ça devient extrêmement confus et on voit où nous mène la lutte acharnée du gouvernement de Jacques Chirac, contre le racisme (et l'antisémitisme, a-t-on coutume d'ajouter, comme s'il ne s'agissait pas également de racisme).
Voilà, tout ça m'écoeure.
C 'est sur d'André Gide que j'avais envie d'écrire aujourd'hui. Je ne ferai que le citer :
"L'histoire de l'homme, c'est celle des vérité que l'homme a délivrées."
"L'homme est plus intéressant que les hommes ; c'est lui et non pas eux que Dieu a fait à son image. Chacun est plus précieux que tous."

15/07/2004

En écoutant la radio, je remarque la grande habilité de l'avocat belge du tueur en série. Interrogé par un journaliste sur les dernières révélations de son client (le meurtre d'une 11eme jeune fille), celui-ci place tant qu'il peut, dans chacune de ses phrases, les deux mots suivants : Monsieur Fourniret, histoire de rappeler à l'opinion public que c'est bien un homme qu'il défend et non un monstre. Peut-être essaie-t-il de s'en convaincre lui-même... Je n'en sais rien. En tout cas, je trouve ce procédé très subtile. J'aimerai savoir si on l'enseigne dans les Facs de droit en Belgique ou si l'avocat de Monsieur Fourniret est un as du barreau belge. Ceci dit, l'un n'empêche pas l'autre.

13/07/2004

Il y a quelques jours, j'ai écrit cet article à propos des négociations sur l'augmentation du temps de travail en Allemagne en disant que le gouvernement et le patronat français ne tarderaient pas à suivre cet exemple. Je ne pensais pas que les choses iraient aussi vite.
Face à la menace de délocalisation, les salarié de l'usine Bosch de Vénissieux ont accepté de renoncer aux 35 heures sans compensation de salaire. Je n'ai aucun commentaire à faire. Néanmoins, il est intéressant de mettre cette information en rapport avec les déclarations de Nicolas Sarkozy, ministre de l'économie quand même, au journal Le Monde de ce week-end. Ce dernier déclare qu'il faut laisser la liberté, à ceux qui veulent gagner plus, de travailler plus que 35 heures. Et c'est le discours de tous le leaders de la droite. Or, non seulement les salariés de Bosch n'ont pas eu le choix (puisque c'était ça ou les licenciements) mais, en plus, ils n'auront pas d'augmentation de salaire.
Alors, je crois que soit le ministre se trompe lui-même, en pensant que l'augmentation du temps de travail se fera à l'avantage et au choix des salariés, soit il trompe les français ou les deux.
Sans être ministre, je sais qu'une augmentation du temps de travail ne peut être laissé au libre choix des salariés mais bien à celui des patrons, c'est une évidence M. Sarkozy.

Le pays tout entier s'est ému d'une agression antisémite avant de réaliser qu'il n'y a peut-être jamais eu d'agression et que la victime est sans doute une mythomane. La réaction générale était à la hauteur de la barbarie des actes décrits par la jeune femme en question et, voyant cela, je ne peux, comme le font certains, admettre que la France est un pays antisémite. En revanche, une chose m'ennui beaucoup, c'est ce qu'il est convenu d'appeller la concurrence des victimes. Lorsque je lis dans le Monde : "Selon les derniers chiffres du ministère de l'intérieur, 95 actions racistes et xénophobes (hors actes antisémites) ont été enregistrées au cours des six premiers mois de l'année, ainsi que 161 actes de menace ou d'intimidation. Sur la même période, 135 actions ont été commises contre des juifs et 375 menaces répertoriées." Je trouve que le journal joue un jeu dangereux qui ne peut qu'exacerber le fameux replis communautaire dont il parle. La France n'est pas un pays antisémite, mais, en particulier en raison des événements qui ont lieu en Palestine, certains juifs et certains arabes trouvent des bonnes raisons de ne pas s'entendre. C'est malheureux.
Je crois que pour résoudre un tel problème, il convient de bien l'identifier. Ce n'est absolument pas la tendance actuelle. Ce qui occupe les esprits actuellement, c'est la concurrence des victimes.
La distinction que l'on fait entre racisme et antisémitisme est, en soit, une forme de racisme. C'est le racisme d'une minorité à l'égard d'une autre. C'est le racisme des gens qui ne devraient pas l'être, étant donné qu'ils en souffrent ou en ont souffert eux-même. Mais c'est aussi le racisme le plus pervers et le plus dangeureux puisque, étant donné les souffrances qu'ils ont subit, ces individus trouvent les meilleures raisons au monde d'en vouloir à ceux qu'ils considèrent comme leurs oppresseurs.

11/07/2004

On a beaucoup écrit sur la télévision, TF1, et les émissions de TF1. On a beaucoup discuté pour démontrer les méfaits et les dangers de ce média qui, paradoxalement, n'a cessé de s'intégrer davantage à la vie des hommes, et participe de plus en plus (il ne faut pas le nier) à leur éducation et à leur développement. On a tellement écrit et débattu de tout cela que je ne vois pas l'intérêt d'y revenir (d'autant plus que c'est lorsqu'elle est le plus critiquée que la télé est le plus regardée). Je pense qu'il vaut mieux laisser la parole à ceux qui la font afin que les choses soient claires pour tous.
Patrick Le Lay, PDG de TF1, explique à l'occasion d'une interview pour un ouvrage intitulé "Les dirigeants face au changement" (information reprise du journal Le Monde du 11/12 Juillet 2004), "il y a beaucoup de façons de parler de la télévision. Mais dans une perspective "business", soyons réalistes : à la base, le métier de TF1, c'est d'aider Coca-Cola, par exemple, à vendre son produit. (...) Pour qu'un message plublicitaire soit perçu, il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible. Nos émissions ont pour vocations de le rendre disponible, c'est-à-dire de le divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages. Ce que nous vendons à Coca-Cola, c'est du temps de cerveau humain disponible." Il rajoute "rien n'est plus difficile que que d'obtenir cette disponibilité."
Je traduis les propos de M. Le Lay afin qu'ils soient claires également pour ceux qui regardent la télévision un peu trop souvent : Le Président de TF1 a dit que son boulot c'est d'abrutir les gens pour pouvoir leur vendre n'importe quoi.
Je ne sais pas si Patrick Le Lay est conscient des dégats collateraux qu'ils peuvent ainsi provoquer. J'imagine que oui, mais il est trop intéréssé à l'augmentation des recettes plublicitaires de sa chaîne pour y accorder la moindre importance. Je sais que ce qu'il fait pour des millions de téléspectateurs, M. Le Lay ne le souhaite pas pour ses enfants.

10/07/2004

Un regard sur la situation en Irak. Comme le démontre bien cet article écris par un communiste irakien, la gauche internationale se trouve dans une situation "idéologiquement" incofortable. Peut-elle mettre fin à certains de ses travers et reconnaître que, pour les irakiens, la présence américaine (qu'elle qualifie de forces d'occupations) est péférables à la victoire des terroristes islamiques (qu'elle considère comme la résistance à l'envahiseur) ? Ce que je demande peut paraître complètement utopique étant donné l'historique des relations entre les communistes et les américains, mais n'a-t-on pas vu, lors des dernières élections présidentielles en France, les forces de gauche voter en masse pour le candidat de droite afin de barrer la route du pouvoir au candidat extrêmiste ?
Actuellement, le choix qui s'offre aux irakiens pour leur avenir est le suivant : l'occupation américaine ou les extrêmistes réligieux soutenus par l'Irak. En refusant d'admettre la réalité de cette situation et en appellant au soutien des "forces de résistances" irakiennes contre l'envahiseur américain, la gauche international ne fait que renforcer l'un de ses travers dont on a pu voir les résultats dans défunte URSS et dans des nombreux autres pays : une opposition aveugle, sans la moindre appréciation des conséquences, à l'impérialisme américain.
Afin d'illustrer mon propos, je vous laisse le soin d'apprécier cet extrait de l'article qui m'a conduit à cette réflexion.

Toutes les populations de l’Orient ont souffert de cette réalité amère, à cause de la collaboration continue entre le gouvernement US et les forces islamiques. Il est clair qu’ils ont un intérêt à terroriser le peuple et les forces progressistes. Ce n’est pas cet aspect que je souhaite développer ici. Ce qui est crucial dans ce conflit sanglant, c’est la manière dont nous comprenons l’essence et les motifs des forces identifiées aujourd’hui comme la « résistance irakienne ».

Il existe sur ce point une illusion mortelle, mais fort répandue dans la gauche internationale sur la « résistance irakienne ». Les positions vont d’un appui modeste à une approbation ouverte, à la célébration de chaque opération menée par cette « résistance ». Certains défendent avec rage toute action de cette résistance, voire essaye d’embellir les forces impliquées. Ainsi, il est devenu banal pour la gauche américaine et européenne de blâmer les communistes en Irak d’être contre les forces de « résistance » et de dénoncer celles-ci comme l’un des camps dans ce conflit terroriste et réactionnaire.

Les manifestations de cette illusion sont diverses et je suis contraint de répondre à celles et ceux qui les défendent. Elles sont fondées sur des conceptions politiques et théoriques erronées et non-révolutionnaires. Pour tenter ici de critiquer ces illusions, je voudrais clarifier ce qui prend racine en Irak et la nature des conceptions politiques que nous, les communistes-ouvriers en Irak, défendons sur ce sujet.

On nous dit : "L’occupation étrangère légitime la résistance et les gauchistes devraient soutenir la résistance indépendamment de la nature de sa direction. Aussi longtemps qu’il y aura l’occupation, il y aura la résistance et les communistes participeront au mouvement national pour réaliser les tâches de la révolution nationale démocratique avec d’autres forces et courants nationaux."

Les définitions même d’ « occupation » et de « résistance » et de leur contenu politique - qui proviennent de limites telles que la « souveraineté » et la « nation » considérées comme des choses sacrées - n’ont jamais fait partie du langage révolutionnaire employé par les communistes-ouvriers. Ces formules toutes faites employées aujourd’hui par la gauche internationale n’ont jamais fait partie du langage ou de la pratique au temps de Marx ou de Lénine, quand ils parlaient des guerres, de leurs conséquences politiques et des mouvements qui s’opposaient aux forces d’occupation.

La seule norme pour évaluer les mouvements politiques, armés ou autres, c’est leur nature objective, leurs buts et leurs caractéristiques réelles, pas les résolutions de l’ONU ou de savoir ce qui autorisé ou interdit par l’ONU face aux forces d’occupation.

La lutte des travailleuses et des travailleurs en Irak contre une armée « étrangère » ne provient pas du fait que cette intervention est une violation de leur sacro-sainte souveraineté nationale ! Qu’y a-t-il de sacré, pour nous, les travailleurs et les travailleuses, que l’armée étrangère puisse violer ! Est-ce la « souveraineté », qui était aux mains de nos oppresseurs ? Ou la « mère patrie » dont nous ne possédons pas un iota ? La « mère patrie », qui, comme le disait Marx il y a 150 ans, n’est jamais à nous ? Ou la « liberté nationale », qui n’a toujours signifié que la liberté pour nos geôliers de nous tourmenter ! Est-ce qu’un prédateur « national » serait meilleur qu’un étranger, parce que lorsqu’il dévore notre chair, il ne nous brise pas les os ?! Ce non-sens nationaliste n’est plus en mesure d’endormir les masses. Les travailleurs et travailleuses conscients, qui n’ont jamais rien obtenu d’autre de la bourgeoisie nationale et de ses gouvernements que la guerre, la pauvreté, l’oppression absolue et l’humiliation ne prêtent pas attention aux discours nationalistes arriérés, qui ne les tromperont plus. Tous les sacrifices que nous avons fait ou plutôt avons été forcés de faire dans les guerres menées par notre bourgeoisie nationale n’ont rien rapporté d’autre que la dispersion de nos rangs, le massacre de nos leaders et de nos combattant-es dans les prisons de Jamal Abdulnasar, de Saddam et d’Asaad et notre maintien dans le servage « national ».

Répéter ces expériences encore et encore, se rassembler derrière ces slogans et se sacrifier pour le combat des forces réactionnaires, pour une bourgeoisie « nationale », qui sont les ennemis des droits civils et humains fondamentaux. Laisser de côté nos objectifs de classe et nos droits ne serait qu’un chapitre ennuyeux dans une comédie morne. Cela ne mérite même pas d’en rire. N’est-ce pas assez, ce qui est arrivé à nous aux mains des « nationalistes », les pendaisons, les emprisonnement et les bains d’acide ? Notre mémoire est-elle si courte que nous cherchions la répétition de toutes ces tragédies ? Les travailleurs et travailleuses en Irak luttent contre l’armée des USA et prennent une position radicale contre la politique de l’autorité coalisée. Cependant, ils ne participent pas aux forces réactionnaires. La lutte des prolétaires contre l’armée d’occupation est inséparable de la lutte contre les forces réactionnaires et leurs visions sociales médiévales et cauchemardesques.

Shamal Ali, membre du bureau politique du parti communiste irakien. (Le 22 Mai 2004)

07/07/2004

Aujourd'hui sort sur des milliers d'écrans en France un magnifique film de propagande intitulé "Farenheit 9/11". Le cinéma étant une forme d'expression artistique, je me pencherais sur la qualité artistique de cette oeuvre primée à Cannes.
Tout le monde connait le sujet et le but avoué de ce film : nous démontrer que George Bush est le pire des présidents.
Le propre des grandes oeuvres d'arts n'est pas de nous dépeindre le monde d'une manière simplistes avec d'un côté les bons et de l'autre les méchants mais, au contraire, de nous éclairer sur cette ambivalence qui fait que le monde est tel qu'il est et que la vie à plus de 6 milliards sur cette planète n'est pas une chose évidente, compte tenu de la difficulté que nous avons à "éveiller" nos esprits. A ce sujet, il faut remarquer que, si, au niveau technologique, l'homme a considérablement évolué depuis 10 000 ans, son esprit n'a pas connu la moindre évolution. En effet, rien n'est fait pour rendre l'homme meilleur mais seulement pour assouvir ses plus vils instincts. Un héritage qu'il traîne depuis des millénaires et, la plupart du temps, s'en glorifie.
Je dis que rien n'est fait mais cela n'est pas tout à fait exact, car, dans ce cas, l'esclavage, la violence, la haine raciale, la domination et l'exploitation des plus faibles seraient la norme dans notre monde. Ces choses-là n'ont pas disparus, vous pouvez vous en rendre compte, mais le fait est qu'une majorité d'entre nous les condamnent.
Or, si nous en sommes arrivés là, je pense que nous le devons à quelques grands hommes, parmi lesquels des philophes, des "saints", des leaders de mouvements politiques, mais aussi des artistes, parce que l'oeuvre d'art ne nous apporte aucune satisfaction matérielle mais comble nos esprits. D'où l'importance du développement de l'esprit critique. Or, il se trouve que mon esprit critique a beaucoup de mal à reconnaître au reportage de Michael Moore une quelconque valeur artistique. Il s'agit d'un bon film de propagande "à l'envers".
Des millions de gens iront le voir et sortiront des salles convaincus d'avoir été au contact d'une certaine forme de "vérité" sur notre monde. En réalité, ils ne seront que davantage conforté dans l'erreur de Michael Moore, je veux parler d'une vision très manichéenne de la politique et du monde, exactement ce que l'on reproche à George Bush.

05/07/2004

"Huit critères ont été retenus par la DCRG pour déterminer si un quartier sensible, suivi en raison de son exposition aux violences urbaines, est marqué par un repli communautaire : un nombre important de familles d'origine immigrée, pratiquant parfois la polygamie ; un tissu associatif communautaire ; la présence de commerces ethniques ; la multiplication des lieux de culte musulman ; le port d'habits orientaux et religieux ; les graffitis antisémites et anti-occidentaux ; l'existence, au sein des écoles, de classes regroupant des primo-arrivants, ne parlant pas français ; la difficulté à maintenir une présence de Français d'origine. Si un quartier répond à plusieurs de ces critères, les RG considèrent que des indices de repli communautaire existent. Cette étude, dont Le Monde s'est procuré une synthèse, n'a donc pas de valeur scientifique et ne s'appuie pas sur des statistiques indiscutables ; elle vise à cerner, à l'échelle nationale, une tendance, en s'appuyant sur de multiples exemples locaux tirés des cités françaises par les directeurs départementaux des RG."
(Extrait d'un article du Monde.)

A quoi jouons-nous et surtout vers quoi nous dirigeons-nous ? J'ai déja écris dans ce Blog des articles sur ce que je considère être un racisme anti-arabe "politiquement correct".
Je ne mets pas en doute l'existence de mosqués en France ni d'un "replis communautaire" dans certains quartiers défavorisés, mais je trouve vraiment curieux qu'un journal aussi sérieux que le Monde fasse, dans le climat actuel, sa une d'une information dont il affirme lui-même que "Cette étude, dont Le Monde s'est procuré une synthèse, n'a donc pas de valeur scientifique et ne s'appuie pas sur des statistiques indiscutables". Il donne, de cette manière, des arguments à tous les français racistes et j'ai du mal à croire qu'encore une fois, des journalistes ne mesure pas la portée de leur acte. Ils savent évidemment ce qu'ils font et pourquoi ils le font.

Devons-nous nous étonner que dans des quartiers qui, dans l'un des pays les plus riches du monde, se sont transformés en véritables ghettos, les prêcheurs islamistes trouvent un terrain favorable à la diffusion de leurs idées ? Qui, mis à part eux, se soucie de tous ces gens qui y vivent confrontés à des difficultés quotidiennes que le français moyen, préoccupé du calcul de sa retraite ou de ses prochaines vacances, ne saurait tolèrer si lui-même en faisait l'expérience ? Ce même français moyen qui regarde d'un oeil douteux les jeunes filles qui portent un voile et s'effraie, à la lecture des journaux, de la prochaine islamisation de la France. Ce français moyen, enfin, qui glisse un bulletin dans une urne électorale en ayant le sentiment de faire quelque chose pour son pays.

On a suffisamment parler de la méthode Sarkozy pour se poser aujourd'hui la question de son efficacité. Le ministre de l'intérieur à fait baisser les chiffres de la délinquance mais qu'à-t-il favoriser en retour ?