31-10-2003 
Heureusement tout n'est pas pourris dans ce monde.
J'écoute depuis quelques jours le dernier CD de Jacques Brel.
Sa poésie magnifie les événements les plus
tristes, et, quelques fois, les plus banales de notre vie courante.
Des événements auxquels nous ne savons pas toujours
comment faire face. Jacques Brel avait le talent d'exprimer ce que
nous ressentons, de chanter la vie des hommes. Dans l'ensemble,
nous sommes misérables, il faut bien l'admettre. Mais il
nous rappelle également qu'il y a, de temps à autre,
des moments qui, à eux seuls, suffisent à dire que
la vie est en elle-même tout à fait extraordinaire.
Et vous êtes passée
Demoiselle inconnue
à deux doigts d'être nue
sous le lin qui dansait
Parmi les textes que les producteurs ont sortis des placards, il
y a des choses magnifiques. Quelques passages que j'aime beaucoup.
Cette cathédrale en pierre
Qui sera débondieurisée
Trainez là à travers prés
Jusqu'où vient fleurir la mer
(...)
Partez cueillir les étoiles
Mais ne vous réveillez pas
(Les cathédrales)
L'eau chaude n'a jamais mordu
Mais on ne peut que s'y baigner
Et elle ne peut de plus en plus
Que refroidir et reprocher
Qu'on ne soit pas assez soleil
(Sans exigence)
Je pourrais continuer ainsi les citations pendant encore longtemps
tant il y a de merveilles dans la poésie de Brel.
30-10-2003 
Dans le dernier courriel (tiens, voilà que je parle québéquois
maintenant) d'ATTAC,
j'apprends que des chercheurs américains (on ne peut plus
sérieux et plus crédible, n'est-ce pas ?) ont mis
en évidence l'existence de ce qu'on appelle les "créatifs
culturels". Du coup, je me voyais déjà en train
de dire, dans les salons que je fréquente, je suis un créatif
culturel, histoire d'expliquer par ces deux mots ma volonté
de résister à la société de consommation
(ce qui est assez facile pour moi car en dehors des plaisirs intellectuels,
je me lasse de tout) et, surtout, de ne rien faire, car la vie,
telle que la plupart des gens la conçoivent, n'a pour moi
aucun intérêt. Donc j'apprends, le coeur plein d'émotion,
que, non seulement il existe un groupe auquel je peux m'identifier
mais que, en plus, ce groupe est constitué de millions de
gens (merci chercheurs américains). "A en croire
L'émergence des Créatifs culturels, près de
50 millions d'Américains partagent des idées que l'on
qualifie d'ordinaire d'"alternatives"." C'est
vraiment cool, je continue donc ma lecture.
Et, par-ci, par-là, certaines phrases commencent à
produire une sorte de malaise en moi. Je reviens sur l'intitulé
de la newsletter pour vérifier qu'il s'agit bien d'un courriel
d'ATTAC, et apparemment il n'y a pas d'erreur, c'est bien ATTAC
qui m'envoit ça. Je continue ma lecture.
Et je lis des passages tels que celui-ci
Se battre pour la bonne santé de la terre nourricière,
c'est aussi se battre pour sa sérénité intérieure.
En somme, tout est dans tout. Il s'agit, au sens premier du terme,
d'une vision profondément religieuse du monde»: «C'est
là un aspect de ce que les Créatifs Culturels recherchent,
écrivent Ray et Anderson»: une façon de
se rappeler qu'ils ne sont pas seuls, une manière de tisser
de nouveaux modèles, de nouvelles figures dans le grand tissu
social, tisser des lignes de vie qui relient les générations
entre elles.» L'imaginaire se voit assigné une fonction
mythique que sa dilution dans le divertissement tend à faire
oublier.
Ou encore ceci :
Dans tout ce qui flotte autour de nous, il y a beaucoup de
choses négatives qui peuvent entrer dans notre peau (.) Parce
que le psychisme est terriblement puissant. On envoie des pensées
tout le temps dans l'espace. On peut envoyer des pensées
négatives, sur quelqu'un par exemple, il peut se casser la
pipe en descendant l'escalier parce qu'il est fatigué ce
jour là. On peut envoyer de l'amour aussi. C'est là
où on choisit son camp.»
Et puis
D'après Ray et Anderson, la terre vit une époque
de transition. Plusieurs scénarios sont possibles, qui vont
de la destruction pure et simple de la planète (si le modernisme
libéral continue à faire des ravages) à la
mise en oeuvre d'une nouvelle culture soucieuse de ce qu 'elle laissera
en héritage «à la septième génération
à venir». Tout peut arriver, expliquent les chercheurs»;
il est probable d'ailleurs que les prochaines années voient
l'humanité osciller entre ces deux scénarios extrêmes.
suivi de
Or, estiment les auteurs, si les Créatifs culturels
ne prennent pas conscience de leur force, s'ils ne se comptent pas,
s'ils sous-estiment leur influence, s'ils ne comprennent pas qu'ils
sont en mesure de faire évoluer la manière de voir
le monde de ceux qui les entourent, le scénario le plus pessimiste
risque de se vérifier.
Ce genre de texte est, à mon avis, parfaitement adapté
à une secte qui cherche à recruter des nouveaux membres.
En fait, l'article dont je vous parle ne fait que dire aux gentils
militants d'ATTAC : Elles sont pas mal vos idées, mais on
peut encore mieux faire. Venez donc chez nous, on fera un nouveau
monde ensemble avec nos valeurs et les votres, ce sera merveilleux,
on va sauver le monde ensemble.
Alors que ce passe-t-il dans cette association apolitique, complètement
indépendante ? A-t-elle été infiltrée
par l'église de scientologie ou quelque chose de ce genre
? Je n'en sais rien. Cependant, je tiens à dire que si je
me suis intéressé à ATTAC, c'est parce qu'il
s'agissait, au départ, d'une association
dont le but était de promouvoir la taxe Tobin. C'est-à-dire
une forme de redistribution des richesses de ce monde. Mais je pense
que maintenant les altermondiliastes sont sur une pente descendante
qui les mene petit à petit en plein obscurantisme. Quelqu'un
peut-il tirer le signal d'alarme ? Je n'en sais rien.
En conclusion, je pense avoir été un créatif
culturel entre 5 à 7 minutes, je le regrette pour les gens
dans les salons qui attendent que je leur dise ce que je suis si
je ne suis pas comme eux.
29-10-2003 
Parlez de solidarité à un patron d'usine et il vous
dira que ce mot ne lui plait pas trop. Maintenant, dites lui que
solidarité veut dire que ses ouvriers viendront travailler
un jour férié, lui assurant ainsi une hausse de sa
production et de ses gains, pour que l'état récupère
quelques miettes de ce supplément de richesse afin de financer
quelques mesures à l'avantage des personnes agées.
Ce patron va alors trouver bien du charme au mot solidarité.
C'est pourquoi j'admire le talent de l'état UMP lorsqu'il
réinvente la solidarité et je plains les français
pour la manière dont ils se font berner.
28-10-2003 
L'état UMP est en train d'inventer une nouvelle forme de
solidarité qui fait qu'au lieu de profiter d'un jour férié
pour s'occuper de leurs grand-parents, les français iront
travailler ce jour-là pour financer l'aide aux personnes
agées. Je n'en reviens pas. Non pas parce que je suis assez
naïf pour croire que tous les français profitent de
leur jours fériés pour aller voir leurs vieux, mais
parce que l'on veut me faire croire que la France n'est pas suffisamment
riche pour financer la prise en charge des personnes agées.
Je ne sais pas de quelle manière certains utilisent leur
cerveau mais j'ai l'impression qu'ils réfléchissent
à l'envers.
Aujourd'hui, parce que nous sommes une des nations les plus riches
et les plus industrialisées, nous devrions au contraire travailler
de moins en moins. Le niveau de technologie que nous atteignons
et les progrés que nous ne cessons de faire nous y conduisent.
Autrement, à quoi servent-ils ?
Si nous en sommes à
imaginer de travailler un jour férié pour réinventer
la solidarité, alors que nous sommes un pays riche, cela
démontre que les richesses que nous produisont lorsque nous
travaillons sont vraiment très mal réparties.
La solidarité, à mon avis, serait donc de réfléchir
un peu à la répartition des richesses que nous produisons.
Comment en faire profiter tout le monde ? Mais croyez-vous qu'un
cerveau de droite puisse imaginer le problème de cette manière
? Non, ce serait assurément trop lui en demander. Il est
pas programmé pour cela.
19-10-2003 
Ce mois-ci, je me suis beaucoup intéressé aux forums
de discussion. Il y en a de toutes les sortes sur internet et je
crois qu'ils ont un réel intérêt pour sentir
ou prendre le pouls de notre époque, savoir ce que pensent
nos contemporains. Partant de cette idée, je me suis dit
que, dans le cabinet
du premier ministre, il devait certainement se trouver quelques
personnes dont l'essentiel du travail consiste à lire ce
qui s'écrit sur quelques forums. En réalité
le gouvernement fait mieux que cela : il a son
propre forum. Malheureusement, les sujets proposés sont
un peu cucul, un peu bateau. Tout cela pourrait être plus
percutant. Mais bon... ce n'est peut-être qu'un début.
16-10-2003 
Je participe à des forums. C'est une sorte de piège
parce que les gens répondent et je me sens obliger de leur
répondre par la suite. Ceci dit, ce sont des discussions
parfois intéressantes, mais toujours fatiguantes. Voici ma
participation du jour, sur le même sujet qu'hier. J'ai répondu
à la personne qui m'avait répondu après que
j'ai répondu à son message. Voilà pourquoi
ce blog ne donnera jamais à ses lecteurs la possibilité
de faire des commentaires. Ils m'envoient un mail s'ils veulent
m'insulter. (cette fois-ci, vous noterez que j'ai dit bonjour, normal
il m'avait dit bonjour)
Bonjour MrSeb,
Vous ecrivez ceci :
"La méthode que vous proposez est idéale
mais je crains qu'elle exige un peu trop de temps pour un résultat
aléatoire. Sans vouloir dramatiser à l'excès,
la menace de voir débarquer dans les cours d'écoles
des organisations sectaires est réelle."
Et je crois que nous touchons là effectivement le fond du
problème en ce qui concerne cette histoire de voile. La vérite
est que nous avons peur que certains individus viennent compromettre
les valeurs auxquelles nous croyons (vous parlez bien de menace
n'est-ce pas ?) Or cette peur, je vous invite à vous demander
à qui elle profite réellement.
Personnellement, je suis persuadé que les valeurs humanistes
n'ont pas besoin de la peur pour s'imposer aux individus, en revanche,
toutes les autres "valeurs" qui prônent la haine
à certains groupes d'individus contre d'autres groupes ont
besoin de cette peur pour s'exprimer.
Je crois aussi que tous les individus, hommes ou femmes, quelles
que soient leur culture et leur religion, aspirent en réalité
à la même chose. De tout temps, le but a été
la libération contre l'esclavage. Parce que, de ces deux
notions, seule la première correspond à ce que j'appelle
moi La Vérité (et oui, j'ai la foi en des valeurs
moi aussi). C'est pourquoi, je ne crois pas que la Vérité
de la condition féminine consiste à vivre sous le
joug de l'homme mais au contraire à s'en libérer.
Il faut bien comprendre ce qui se passe actuellement. Un peu partout
dans le monde, les femmes revendiquent leur liberté et des
hommes sont en train de perdre le pouvoir qu'ils avaient depuis
des millénaires sur elles. Ce sont ces hommes-là qui
ont intérêt à donner 100 000 francs à
des familles pour que leurs filles portent le voile (votre histoire
prouve seulement qu'on oblige des jeunes filles à porter
un voile). Et lorsque ces filles arrivent à l'école
et qu'elles nous font peur parce que nous croyons que demain toutes
les filles porteront le voile comme elles, ces hommes peuvent se
dire qu'il ont bien fait d'investir 100 000 francs dans une extraordinaire
campagne médiatique.
Au point où nous en sommes dans cette discussion, vous semblez
me dire que je suis un idéaliste qui n'a pas réellement
conscience du danger auxquel nous devons faire face. J'en conclu
que vous croyez que si nous introduisons deux filles voilées
au milieu de centaines d'autres filles qui ne portent pas le voile,
dans vingt ans, toutes les filles de France porteront le voile...
j'ai du mal à croire à cette hypothèse. D'après
moi, des jeunes filles peuvent porter le voile pour diverses raisons
qui les regardent, nous n'avons pas à nous en occupez. L'école
laïque doit montrer aux enfants que nous pouvons tous vivre
ensemble, ce que, en dehors de l'école, nous n'arrivons pas
à faire.
15-10-2003 
Intervention sur le
forum de libé la question idiote qui colle à l'actualité
était : "Interdire le voile", évidemment
certains ont répondu oui, pour sauver l'école laïque.
Voici ce qu'il m'a semblé utile de leur dire :
J'ai lu ton message avec intérêt et tu sembles oublier
quelques points importants sur lesquels repose justement la discussion.
En effet, le problème ne se poserait pas si l'école
dont nous parlons n'était pas laïque et républicaine.
Car, dans ma définition de cette école, il y a le
fait qu'elle doit accepter tous les enfants, de toutes les cultures
et de toutes les réligions. C'est là la grande valeur
de cette école et c'est celle là que nous voulons
tous protéger. Donc, c'est à partir du moment où
cette école refuse d'accueillir des élèves
parce qu'ils portent le signe de leur appartenance à une
autre culture ou une autre réligion que nous devons nous
demander si nos valeurs ne sont pas en danger et non lorsqu'une
jeune fille entre dans cette école avec un voile. Ne faisons
pas les choses à l'envers svp ! D'autre part, tu parles de
terrain de propagande. Mais bien sûr que l'école est
un terrain de propagande c'est, quelque part, sa fonction et on
ne peut y échapper. Or, figure toi que, justement, les personnes
les mieux placées pour agir auprès des élèves
ce sont les profs de cette école. Car les profs ont un message
à transmettre aux élèves et l'on veut, dans
nos écoles laïcs, que ce soit un message de tolérance.
La transmission de ce message est une forme de propagande que doivent
faire les profs, cela fait partie de leur boulot. Donc, si des jeunes
filles entrent dans nos écoles laïcs avec le voile,
le rôle de l'école est de leur faire enlever ce voile.
Mais certainement pas par des sanctions. Car les sanctions ne feront
qu'accentuer le ressentiment de ces jeunes filles à l'égard
d'une école qui se dit tolérante et refuse de les
accueillir parcequ'elles portent un voile. Ensuite, que peut-on
faire pour ces filles une fois qu'elles sont exclues du système
éducatif laïc ? C'est à ce moment-là que
nous les jetons dans les bras des propagandes extrêmistes.
Si nous les gardons à l'école, nous pourront exercer
sur elles notre forme de propagande (l'enseignement laïc) qui
aura pour résultat qu'un jour, elles se sentiront ridicules
de ne pas accepter leur féminité et de laisser des
hommes guider leur comportement. Bref, ce sont ceux qui demandent
aux femmes de porter un voile qui devraient avoir peur d'envoyer
leurs filles dans nos écoles et non nos écoles qui
doivent avoir peur de les accueillir. Lorsque des jeunes filles
sont renvoyées de l'école parcequ'elles portent un
voile, ce que tous les français pensent être une victoire
de l'école laïque est en réalité une grande
défaite de l'école laïque.
Note : je devrais poursuivre cette réflexion car le fait
est que nous avons peur de choses qui ne devraient pas nous inquiéter.
Cela démontre que nous ne somme plus très sûrs
de la force des valeurs que nous nous sommes donner et sur lesquelles
notre civilisation repose. Or si nous doutons de la tolérance
face à l'intolérance, cette exemple démontre
que nous devenons intolérants. De même si nous doutons
de la paix pour garantir notre sécurité, nous acceptons
la guerre avec la haine, les agressions et ses actes criminelles
qu'elle engendre (ex : Israël et Palestine).
13-10-2003 
Au mois de février, lorsque Lionel Jospin faisait sa première
interventiondans les colonnes du journal le Monde, après
son échec aux présidentielles, beaucoup de journalistes
( à commencer par ceux du Figaro), y voyait le prochain retour
en politique d'un homme qui, quelques mois plus tôt, affirmait
devant toute la France sa volonté de quitter la vie politique.
Pour ma part, j'imaginais Jospin en "sage de la politique",
c'est-à-dire en homme au courant des réalités
et des enjeux politique de son pays, dont la voix peut se faire
entendre, et qui, n'ayant aucune ambition électorale, n'aurait
aucun intérêt à séduire d'éventuels
électeurs en disant autre chose que ce que son expérience,
ses convictions, sa clarté d'esprit et son intelligence l'inciterait
à dire. Aujourd'hui, une
seconde intervention dans les colonnes de Libé m'invite
à croire que mon interprétation
du geste de notre ancien premier ministre socialiste était
plus juste que celle des journalistes du Figaro. Et je plains
les lecteurs de ce journal. Nos amis de droite sont très
mauvais sur ce coup parce que leurs esprits ne peuvent concevoir
qu'un homme de l'envergure de Jospin puisse donner son opinion,
sans pour autant nourrir quelques ambitions politique. Les interventions
de Jospin trouvent au contraire toute leur force dans cette absence
d'ambition. Jospin a cessé de vouloir être président
et, au contraire de certains politiques, auxquels cette idée
fixe dicte les actes et les paroles, il peut se permettre d'avoir
un discours politique honnête, réfléchit et
cohérent. C'est pourquoi ses critiques font très mal.
Je ne le connais pas personnellement mais je suis persuadé
que ce rôle lui plaît davantage que celui de menteur-président
dans lequel Jacques Chirac excelle (l'exemple de l'homme qui peut
affirmer n'importe quoi et son contraire pourvus que cela lui rapporte
des voix) et qu'il aurait pu occupé. Jospin n'est pas à
l'aise pour mentir et c'est pourquoi il n'a pu battre Chirac lors
des élections présidentielles. Ce rôle de sage
de la politique, dans lequel je le voyais il y a quelques mois,
lui va comme un gant. Je ne dis pas qu'il est le seul homme politique
intelligent, mais il est le seul à pouvoir parler aux français
d'une manière honnête. Ses critiques ne sont pas seulement
déstinées au gouvernement mais à la gauche
également. Quand il approuve une action du gouvernement,
il n'hésite pas à le dire (opposition de Chirac à
une attaque de l'Irak aux côtés des américains,
par exemple). De plus, on ne l'a pas vu intervenir à des
périodes où le gouvernment s'étant engagé
dans des reformes sociales importantes, il aurait pu jeter de l'huile
sur le feu pour augmenter les tension sociales (éducation,
retraites, intermittents). C'est pourquoi, je ne pense pas que ses
interventions soient "partisanes". Mais bien sûr
Jospin est un homme de gauche et, s'il n'y avait aucune critique
à faire de l'action du gouvernement, il n'aurait rien à
dire.
Aujourd'hui, il ne fait qu'écrire, à propos de Raffarin
et Chirac, ce que beaucoup pensent tout bas, et même, j'en
suis sûr, au sein de la majorité. Bref, maintenant
qu'il ne fait plus de politique, j'ai bien envie de voter pour Jospin.
12-10-2003 
Comment s'achèvent nos plus belles intentions. Je viens d'en
avoir un exemple en tombant, au hasard d'une recherche sur Google,
sur le site MondeDeMerde.com.
Malheureusement, je n'aurais pas connu ce site au nom si révélateur.
J'imagine que si l'on fait le constat que nous vivons dans un monde
de merde au point d'en faire un slogan, il en découle une
volonté de le changer pour le rendre meilleur. J'imagine
que si l'on crée un site qui porte ce nom, on s'engage dans
la lutte et on agit pour le rendre meilleur. C'est pourquoi, lorsque
je vois que le site n'existe plus depuis le 1er octobre 2003 (après
3 ans d'existence sans pub, quand même ) je me dit que ces
petits soldats se sont fait avoir par le fameux monde de merde qu'ils
voulaient affronter. Ce monde de merde qui carbure à l'argent,
qui fonctionne grâce à l'argent.
J'en conclu qu'il faut un moteur pour faire marcher les hommes ;
il faut leur donner une motivation. Notre monde de merde a ceci
d'intéressant et même de génial qu'il a inventé,
avec l'argent, un fabuleux moteur et une fabuleuse source de motivation.
Avec de l'argent, le site MondeDeMerde n'aurait certainement pas
cessé son activité. Avec de l'argent, on peut tout
faire. Je regrette que ceux qui ambitionnent de changer le monde
ne pensent pas davantage à cela.
Remplacer l'argent par autre chose... Voilà ce qui pourrait
être une solution. Toute révolution qui ne saura par
quoi sera vouée à l'echec. J'ai quelques idées.
Les valeurs qui peuvent remplacer l'argent se situent autour de
l'estime de soi, la considération, le respect, l'amour bref
tout ce que les hommes ont le sentiment que l'argent procure. En
disant cela sommes-nous plus avancés ? Sommes-nous sortis
de l'auberge ? Je laisse à chacun le soin d'en décider.
En tout cas, je souhaite à tous ceux qui se lancent dans
des projets où il ne saurait être question d'argent
beaucoup de courage et de volonté. Ils trouveront leur motivation
dans leur sincérité, la croyance en ce qu'ils font
et, bien sûr, la considération qu'ils en récolterons.
L'homme est humain après tout.
11-10-2003 
Dans la forêt du miroir est un très
bon essai d'Alberto Manguel qui "explore la nature du lien
qui s'établit entre le monde et les mots que nous choisissons
pour les nommer". Mon expérience de lecteur me
permet sourtout apprécier à quel point cet auteur
possède une idée juste de ce qu'est la littérature
et de sa place mais aussi sa fonction dans le monde. Ce livre fait
parti de ceux que, une fois lus, je ne souhaite pas ranger dans
ma bibliothèque mais offrir à une personne que j'aime.
Alberto Manguel écrit ceci :" (...) malgré
la faiblesse et le caractère aléatoire du langage,
un écrivain inspiré peut dire l'indicible et donner
forme à l'impensable, de telle façon que le mal perd
une partie de son aspect surnaturel et se retrouve réduit
à quelques mots mémorables."
Comprendre cela c'est comprendre une grande partie de la littérature
et c'est comprendre, en partie, le monde dans lequel nous vivons.
04-10-2003 
Ils nous ont dit, la France va mal il faut voter pour nous. Après,
ils ont dit, ça ne fait que quelques mois que nous sommes
au pouvoir, il faut nous laisser le temps. Maintenant on se pose
des questions. Ils ont sans doute fait ce qu'il fallait mais les
résultats ne suivent pas. La croissance économique
n'est pas là. Alors qu'ils avaient tout misé sur elle.
On compte sur les Etats-Unis pour nous faire avancer et, en même
temps, on trouve qu'il est bon de les critiquer. Mais bon, des gens
intelligents nous gouvernent. Cependant, lorsque
le Monde interroge 5 spécialistes de l'économie,
chacun arrivent à des conclusions différentes et préconisent
des solutions différentes pour relancer l'économie.
Qui a tort, qui a raison ? Ne fait-on pas une erreur en cherchant
à appliquer en France des méthodes qui ont donné
des résultats dans d'autres pays ? Peut-être qu'il
y a d'autres moyens de gouverner que d'attendre une reprise économique
et faire croire qu'on la favorise. Peut-être qu'une politique
forte en faveur de l'emploi aurait donné davantage de confiance
aux français qu'une baisse d'impôt qui laisse au contraire
à croire que l'on se fiche du déficit public. Jusqu'à
présent, nos amis de droite ont pensé qu'une baisse
des impôt redonne la confiance et relance l'économie.
Mais en France, les gens sont peut-être plus sensible à
l'emploi qu'à l'impôt. Et le fait de savoir que demain
ils ne perdront pas leur emploi les incite peut-être davantage
à consommer que le fait de payer moins d'impôt. Il
serait facile d'être fixé sur cette question. Pourquoi
ne pas demander dans un sondage : Qu'est-ce qui vous semble plus
important : payer moins d'impôt ou ne pas perdre votre emploi
? La réponse me semble évidente. La baisse d'impôt
favorise ceux qui en paient beaucoup. Mais je ne crois qu'ils soient
assez nombreux pour relancer la consommation des ménages.
L'autre conséquences d'une baisse d'impôt devrait être
d'inciter les entreprises à embaucher. Mais pour ça,
je crois davantage aux 35 heures et aux mesures d'accompagnements
dans la mesure ou les entreprises en diminuant le temps de travail
engagent d'autres salariés. En baissant le temps de travail,
au lieu qu'une personne travaille 39 heures, 2 personnes travaillent
70 heures. Le gain de productivité est réel pour l'économie.
Donc au lieu de dire, travailler plus ! pourquoi ne pas dire, mettons
davantage de gens au travail. C'est à mon sens la politique
que nous n'aurions jamais du cessé de suivre. Au lieu de
regarder les autres pays comme des exemples nous aurions été
des exemples pour eux, car croyez-le, la baisse du temps de travail,
nous y viendrons tôt ou tard, comme toutes les nations industrialisées.
03-10-2003 
Bon, chacun ses opinions. Les miennes penchent résolument
vers la gauche. Je suis donc un ardent défenseur des 35 heures.
Cette mesure va dans le bon sens. Je ne crois pas, en effet, que
la tendance, dans l'histoire de l'humanité, soit à
l'augmentation du temps de travail mais bien à sa baisse.
Je crois que cela est logique. Lorsqu'il y a moins de travail, il
faut le partager. La baisse du temps de travail est donc une mesure
concrète pour lutter contre le chômage. Bien sûr,
elle n'est pas facile à mettre en place mais l'enjeu est
tout simplement de donner au maximum de gens la possibilité
de vivre dignement.
Evidemment, nos amis de droite ne voient pas les choses de la même
manière. Pour eux, qui ont si souvent entendu dire que le
travail est synonyme de bonheur ou de réussite, il est inconcevable
que l'on puisse penser résoudre les problèmes d'une
société par sa baisse. Leur cerveau n'arrive pas à
concevoir ce type de logique. Ne pas travailler c'est très
vilain. Vouloir travailler toujours plus c'est bien. Bref le travail
! le travail ! le travail ! il n'y a que ça de vrai. Nos
amis de droite ont tendance à penser que, si près
de 10% des personnes actives en France se retrouvent sans travail,
c'est parce qu'ils ne veulent pas travailler. Ce sont des fainéants
! Nos amis de droite pensent que la loi sur les 35 heures porte
atteinte au travail et le dévalorise aux yeux des français.
Jusqu'à là, je peux les comprendre, après tout
c'est leur éducation qui a fait ce qu'ils sont.
Mais là où je les trouvent gonflés, c'est
lorsqu'ils sont au pouvoir et prennent les 35 heures comme une excuse
à leurs échecs. Si j'ai bien compris les propos
les plus intelligents qui ont été tenus ces dernières
heures, le gouvernement Raffarin attend la reprise qui devrait arriver
des Etats-Unis et craint que les 35 heures ne freinent ses effets
sur l'économie française. Voilà ce que j'appelle
un bon programme politique. Attendre la reprise économique.
La méthode Raffarin c'est finalement ça. J'attends
la reprise économique et si elle n'arrive pas assez vite
je saute.
01-10-2003 
Serais-je visionnaire ? Non, je n'irais pas jusqu'à me lancer
ce genre de fleurs bien que mon ego éprouve parfois le besoin
de se mettre en valeur. La satisfaction d'avoir raison n'en est
qu'un exemple. Mais c'est, dans bien des cas, une coupe remplie
d'un breuvage amer que je porte à mes lèvres. Un
article du monde confirme mes propos du 27 septembre (aucun
peuple n'est meilleur qu'un autre). Certains juifs n'hésitent
pas à adopter les méthodes de ceux qui furent jadis
leurs assassins. Ceux-là ont tout intérêt à
ce que l'antisémitisme existe et qu'il soit une menace pour
tous les juifs du monde. Tout comme d'autres ont intérêt
à ce que l'islam soit une menace. Bref, identifier un ennemi,
convaincre de la menace qu'il représente, faire naître
la peur dans l'opinion, c'est de cette manière que l'on arrive
à justifier le recours à la violence dans la démocratie. |