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28/11/2003
"Oui, poursuivais-je ma réflexion, c'est peut-être là que se trouve le diable : non dans le fait que l'homme tue, mais dans celui que les vertus indispesables au crime deviennent pour lui l'ordre monde"
Imre Kertész "Le refus".
26/11/2003
Nouveau logo de l'ANPE.
Coût : 2,4 millions d'euros.
A ce prix-là, on espère que le nombres de chômeurs va
réellement baisser.
25/11/2003
Dans "A nous Paris",
le journal du métro parisien, je lis une interview de MC Solaar.
La dernière question :
Ta notoriété te permet-elle encore de te ballader
tranquillement dans Paris ?
Il répond:
Je vais plutôt dans les magasins de disques le matin que l'après-midi...
Sinon, j'adopte la démarche et l'allure qui me permettent de me déplacer
tranquille, de me fondre dans le paysage. J'essaie d'avoir le bon regard
au bon moment et au bon endroit. Mais j'évite de flâner, je
marche vite.
Pourquoi j'écris ça, allez-vous vous demander, ça n'a absolument aucun intérêt...
Je sais que ça n'a aucun intérêt mais eux le publie bien dans leur journal.
24/11/2003
Le calcul de ce gouvernement est que les patrons embauchent lorsque le travail leur coûte moins cher. En réalité, ils embauchent lorsqu'ils ont besoin de main d'oeuvre.
23/11/2003
C'est une bonne nouvelle pour l'emploi en France, en réalité, il faut entendre : C'est une bonne nouvelle pour les patrons en France.
21/11/2003
Je voudrais faire, ce matin, un comparatif audacieux entre la situation des producteurs de porcs et celle des producteurs de musique et de films. Les premiers perdent 30 centimes d'euros lorsqu'ils vendent 1 kilo de porc, les seconds voient leurs ventes baisser d'environ 31 %. Pour ma part, je vois très bien lesquels sont à plaindre et lesquels "se touchent la nuit" comme dirait une amie.
Sophie Calle expose au centre Georges Pompidou. Bien avant que cela ne devienne une réalité, j'avais eu l'idée de peindre un violon et de pisser dessus. Je m'étais dit que si je faisais ça dans un musée, cela deviendrait de l'art. De ce fait, je serai devenu un artiste. Ensuite, j'aurais été au ministère de la culture pour réclamer le statut d'intermittent du spectacle. Mais je n'étais pas bien sûr. Fallait-il d'abord être artiste pour accéder au statut d'intermittent ou être intermittent pour accéder au statut d'artiste ? Cette question était importante. Toute ma performance dépendait de sa réponse. Car il s'agissait d'une véritable réflexion sur l'art moderne mais aussi l'artiste moderne. Donc, d'abord pisser dans un violon, ensuite artiste, ensuite intermittent, ou l'oeuvre, ensuite intermittent, ensuite artiste ? Je cherche toujours. En attendant, les intermittents manifestent mais c'est comme s'ils pissaient dans des violons, Sophie Calle expose dans un musée et moi je réfléchis toujours, d'abord la poule ou l'oeuf avant la poule ?
Il y a des choses plus terribles dans la vie. Se rendre compte, par exemple, que cela fait 20 ans que Mylène Farmer est cette jeune fille rousse, à peine sortie de l'adolescence, qui chante "je suis libertine... je suis une catin... qu'on me tienne la main" ou d'autres choses sur le même air.
18/11/2003
Ce matin, à mon réveil, Europe 1 diffusait l'interview d'un Irakien. L'homme expliquait tout simplement que "du temps de Saddam", les choses allaient beaucoup mieux, qu'il fallait que Saddam revienne au pouvoir et que les irakiens ne sont pas fait pour une démocratie mais pour un régime dictatorial tel celui que le maitre de Bagdad (dont on oublie que, à lui tout seul, il a sans doute tuer davantage d'arabes que les israéliens et les américains réunis) avait su imposer à son peuple. Ce genre de propos me mettent hors de moi. Je ne doute pas qu'il existe en Irak des partisans de Saddam Hussein, comme, en France, on trouve des partisans du Front National, mais franchement, faut-il interviewer un supporter de Le Pen pour savoir ce que les français pensent de la démocratie ? Il me semble évident que l'Irakien qui affirme qu'il faut que Saddam revienne ne répresente en aucune manière l'ensemble du peuple Irakien. Et le journaliste qui nous présente cette information sans préciser que la personne qui parle était membre du parti baas ou originaire du même village que Saddam Hussein, commet une grave faute professionnelle. Mais le pire, voyez vous, lorsqu'on connait le haut degré de professionnalisme de la presse française, c'est de savoir qu'il ne peut, en aucun cas, s'agir d'une faute mais du choix délibéré et réfléchi de présenter l'information de cette manière. Quel beau métier ils sont en train de gâcher, et eux sont libres en plus.
17/11/2003
Dans l'hebdomadaire ELLE, derrière l'histoire de Pierre, 38 ans, et sa double vie, A Paris, j'ai une vie, une femme, une fille. Des amis, à elle, à nous, qui ne savent pas pour Angèle et les garçons. Je suis le jules de Kim, le papa de sa fille. A Bordeaux, j'ai une épouse, deux fils, des copains. Le golf, les restaus, la plage,je tombe sur des extraits du livre de Dominique Loiseau, qui s'appelle "Bernard Loiseau, mon mari". Dés le début, le ton est donné : Le matin, je passe toujours cinq minutes à ma fenêtre à regarder mon jardin. Il est 8h. Les tourterelles viennent picorer les jolies baies orange de mon sorbier. Je regarde les camélias que j'ai planté au printemps et qui sont en train de fleurir. Et je me demande : "Bernard, pourquoi as-tu fait ça ? " Je pense à lui dès que je me réveille. Je bois mon café, un déca avec beaucoup de lait. Je mange une tartine beurrée, avec de la confiture de frambroise. Je me lave les cheveux. Et je me répète : "Pourquoi ?" J'arrive au restaurant vers 9 heures et demie. Je vais à la cuisine discuter avec les cuisiniers et les pâtissiers. Je vérifie que tout se passe bien à l'hôtel. Malheureusement, ou plutôt heureusement pour Mme Loiseau, les lectrices de ELLE n'ont aucune notion de ce que le style veut dire. Pour moi qui y suis très attaché, il apparait, à la lecture de ces quelques lignes, qu'elle a sans doute perdu son mari mais certainement pas ce qui, pour elle, constitue l'essentiel. Et je trouve ce qu'elle écrit vulgaire et de très mauvais goût. D'ailleurs, comme si le style ne suffisait pas à insulter les lecteurs(rices), on lit, en marge de l'article, Bernard m'offrait toujours des bijoux Chanel. Une montre, une bague, un bracelet... Il voulait que la côte d'Or soit à la gastronomie ce que Chanel est à la mode : une grande maison dont le style ne change jamais. Je crois qu'il est inutile d'aller chercher plus loin les raisons de la mort de Bernard Loiseau.
16/11/1003
J'aurais aimé lui dire
2 ou 3 mots
Lorsqu'il n'y avait plus rien à dire
Je ne voulais pas partir
Mais rester avec Elle
Peut-être à ne rien faire
Simplement la regarder
Et la trouver
Toujours plus belle
J'aurais aimé lui dire
2 ou 3 mots
Mais il n'y avait plus rien à dire
Et elle m'a fait comprendre
Que je devais partir
07/11/2003
Il y a là une question sur laquelle nous ne nous mettrons jamais
d'accord et qui démontre bien l'opposition des mentalités
entre la gauche et la droite. Je veux parler évidemment des réactions
des différents acteurs de la vie politique française suite
à la décision
du premier ministre d'obliger les salariés à travailler un
jour de plus, par solidarité. Les valeurs à prendre en
compte sont le travail, l'argent et, bien sûr, la solidarité.
La solidarité est maintenant une valeur quasi-commune à l'ensemble
des êtres humains et, comme le rapellait Giscard
à Mitterrand (c'était en 1974), la gauche n'a pas le monopole
du coeur.
Cependant, il me semble que pour "penser" solidarité, l'homme
de droite n'a d'autres ressources que sa misérable éducation
de bourgeois catho, qui lui a surtout appris à se donner une bonne
conscience par des actions symboliques. Il y a également , gravé
dans son cerveau par cette éducation, l'idée de la valeur
suprême du travail et que ce n'est qu'en travaillant que l'homme réussit
à se libérer de sa misérable condition. C'est pourquoi
travailller un jour férié pour financer des mesures de solidarité
est, d'un point de vue de droite, une idée magnifique.
L'homme de gauche remarque, pour sa part, qu'en travailllant, tous les hommes
n'arrivent pas au même résultat. Pour lui, la solidarité
n'est pas un moyen de se donner bonne conscience lorsqu'on a bien gagné
sa vie par son travail alors que d'autres n'y parviennent pas, mais le but
même de l'existence. Et, quoi qu'on en dise, l'impôt est, dans
notre société, la meilleure forme de solidarité. C'est
pourquoi, le parti socialiste fait le calcul que l'argent que le gouvernement
espère gagner en faisant travailler les français un jour férié
est égal au manque à gagner suite à la baisse de l'impôt
sur le revenu. D'un point de vue de gauche, il s'agit donc d'une mesure
injuste puisqu'elle fait payer aux salariés les plus pauvres un "cadeau"
consenti aux plus riches.
Il faut admettre que, s'il se demandait comment récupérer
l'argent perdu à cause des baisses d'impôts, Raffarin doit
se rejouir d'avoir trouver cette solution. Il peut également se réjouir
d'avoir su retourner une situation extrêmement délicate pour
son gouvernement (la hausse de la mortalité du fait de la canicule
au mois d'août) à son avantage, puisqu'elle lui permet de faire
passer cette mesure impopulaire et de récupérer plusieur milliards
d'euros (je ne suis pas sûr que cette argent financera dans sa totalité
des mesures de solidarité).
En conclusion, l'état UMP réussit à faire baisser les
impôts, à être solidaire et à remettre la France
au travail. Pas mal.
Dans les réactions des personnalités politiques, il y a celle d'Alain Madelin que je trouve d'un autre âge. Ce dernier considère que si les français doivent travailler plus, c'est uniquement pour gagner plus d'argent. Lui, il se préoccupe davantage du sens du mot argent que du sens du mot solidarité. Il y a ainsi des esprits matérialistes et d'autres qui aspirent à s'elever.
05/11/2003
Un nouveau sondage nous indique que 59% d'européens estiment qu'Israël est une menace pour la paix dans le monde. Bien sûr, les responsables israéliens ne sont pas d'accord. Mais contre quoi ne sont-ils pas d'accord ? Ils agissent comme ils l'entendent pour régler leurs problèmes au proche-orient et chacun en tire les conclusions qu'il souhaite, non ? Comme j'ai l'esprit assez large je peux essayer de concevoir l'autre hypothèse. En imposant par la force leur volonté aux palestiniens, les israéliens agissent pour la paix dans le monde... Mais je ne suis pas assez bête pour y croire. En imposant par la force leur volonté aux palestiniens, les israéliens leur donne des bonnes raisons d'aller se faire exploser au milieu de foule de femmes et d'enfants. Ce qui donne des bonnes raisons aux israéliens d'imposer par la force... Bref, il est bien plus simple de faire la guerre (rester dans ce cercle) que de faire la paix (sortir de ce cercle). Et c'est parce que les (dirigeants) israéliens sont incapable de faire la paix que nous pensons, à juste titre, qu'Israël constitue une menace pour la paix dans le monde. Je suis même étonné que l'on prenne la peine de poser cette question. Et c'est, à mon avis, surtout ça qui fâche les responsables israéliens. Fallait pas poser cette question dont la réponse évidente fait un peu honte à entendre pour un pays qui, par ailleurs, se voudrait civilisé.
04/11/2003
Je me faisais, il y a peu, la remarque que ceux qui souhaitent changer
le monde ne représentent certainement pas plus de 10% de la population
mondiale. (Un chiffre encore plus réaliste me semble 5%. Si quelqu'un
a une étude là-dessus, il peut toujours m'envoyer les résultats
afin que je corrige mon éventuelle erreur).
Les français, dans leur majorité, semblent beaucoup plus intelligents
que je ne le pensais. Ils jugent leur gouvernement à sa juste valeur.
C'est
un sondage qui me le prouve. Roselyne Bachelot (j'ai dit tout le mal
que j'en pense) Jean-François Mattéi (M. Je-me-fous-de-la-gueule-du-monde)
et Luc Ferry (je suis fatigué de dire le mal que j'en pense) arrivent
bon dernier du palmarès. Les meilleurs ministres sont Dominique de
Villepin, dont il faut admettre qu'il fait un excellent travail à
l'international, comme on dit dans le jargon des entreprises, Nicolas Sarkozy,
que je n'aime pas mais qui, en raison de son intelligence, a manifestement
sa place dans un gouvernement, et Jean Louis Borloo, un ministre de droite
qui fait un si bon travail que même la gauche ne peut qu'approuver.
Quant au premier ministre, M. Raffarin, les français jugent qu'il
devrait partir. Évidemment, si vous posez la question aux partisans
de l'UMP, il ne répondent pas de la même manière.
Ce sondage me réconforte car il démontre que, si les minorités
engagées sefont toujours bien entendre pour exprimer leurs idées
partisanes, la majorité reste silencieuse mais n'est véritablement
pas dupe. Espérons qu'elle s'exprime avec tout autant de bon sens
lors des prochaines élections.
De la même manière, dans le monde, 10% d'excités se
font entendre mais l'espèce humaine est bien plus raisonnable et
censée qu'ils nous donnent à croire.
C'est pourquoi, je pense que rien ne vaut une bonne démocratie et,
malgré qu'elle ne fonctionne pas parfaitement, en France, nous avons
pu mettre en place ce système politique. Ce qui, à l'heure
actuelle, représente toujours un privilège inestimable par
rapport au reste du monde.
03/11/2003
Entre la réalisation d'un site "utile" et accessible au plus grand nombre et celle d'un site graphiquement "branché" certains ont le sentiment qu'il y a toujours un choix à faire. Ainsi, pour la réalisation de son nouveau portail, le ministère de la culture semble avoir fait celui du look plutôt que celui du site pratique et accessible, que les internautes consulterons régulièrement. Cela ne m' étonnes pas lorsque je vois ce qu'est le site du ministère de la culture. Pour ma part, je considère qu'un site internet doit être avant tout simple et accessible, surtout s'il est destiné au plus large publique. Cela ne dispense ni n'empêche d'en soigner la présentation.
02/11/2003
J'admire la poésie de Léopol Sédar Senghor et celle d'Aimé Césaire mais il m'arrive parfois de croire qu'au lieu de libérer les africains elle n'a fait que les asservir d'une autre manière. En effet, ces poètes ont tant et si bien dénoncé la tyrannie de l'homme blanc sur l'homme noir que ce tableau est devenu une sorte de poids, une vérité éternelle dans laquelle l'homme noir semble s'être complètement perdu. Les premières victimes en sont les artistes africains qui, 40 ans après les indépendances, continuent à juger l'homme blanc comme seul responsable des misères de son continent et se trouvent toujours très inspirés pour dénoncer les abus du FMI et autres organismes dépendant des occidentaux. Les bénéficiaires en sont les chefs d'états africains qui peuvent tyranniser leur peuple et le voler sans que celui-ci ne s'en offusque. Les africains trouvent scandaleux que l'homme blanc vole leurs richesses mais acceptent que leurs frères aux pouvoirs se remplissent les poches et les incitent à se massacrer. Cela m'a toujours semblé une réalité sur l'Afrique que personne ne prendrait plaisir à entendre. Cependant, il semble que du côté des artistes africains les choses bougent un petit peu. Ceux-ci se sont réunis pour, selon le Monde, débattre"de leur responsabilité de créateurs face à la guerre, au sida, à l'impunité des dirigeants." Ouf, me dis-je, il vaut mieux tard que jamais. Il serait vraiment temps que ces artistes laissent un peu tomber l'esclavagisme et le colonialisme pour s'occuper du monde dans lequel ils vivent. "